RMC Sport

Blatter, président en quête d’« eaux claires »

Sepp Blatter entame un quatrième mandat à la tête de la FIFA.

Sepp Blatter entame un quatrième mandat à la tête de la FIFA. - -

Seul candidat, Sepp Blatter a été réélu président de la FIFA pour un quatrième mandat. Le « patron » du foot mondial a tenté d’apporter des gages pour l’avenir d’une instance cernée par les accusations de corruption. Et mis en place un nouveau mode d’attribution de la Coupe du monde.

Il a dû se sentir obligé de faire un geste symbolique. Histoire de calmer la vindicte populaire. Alors il a touché au plus beau bébé du foot international. Une Coupe du monde dont l’attribution des éditions 2018 (à la Russie) et 2022 (au Qatar) avait déclenché la polémique. Seul candidat, Sepp Blatter a été réélu mercredi pour un quatrième mandat de quatre ans à la tête de la FIFA, instance cernée par les accusations de corruption. Un vote écrasant, 186 voix sur 203 bulletins, à l’issue duquel Sepp a pris une mesure censé apaiser les esprits chafouins : le changement du mode d’attribution de la Coupe du monde.

Et Blatter de s’expliquer : « Est-il juste que l’attribution de la Coupe du monde revienne au comité exécutif (sorte de gouvernement de 24 membres, ndlr) de la FIFA ? Je veux, dans le futur, que l’organisation de la Coupe du monde soit décidée par le congrès (les 208 fédérations membres, ndlr) de la FIFA. Le comité exécutif fera des recommandations, une short-list, et le congrès décidera. » Aussitôt dit, aussitôt fait, le projet était adopté par 176 voix pour et 4 contre via un vote électronique.

Soupçons de corruption

Il en faudra plus pour calmer ses opposants, remontés comme des coucous par les innombrables soupçons de corruption qui émaillent sa gouvernance. Mais le vote de mercredi, à Zurich, aura livré un constat. Chahuté ou pas, Blatter reste à la barre. Et les moussaillons qui se rangent derrière lui restent nombreux. La Fédération anglaise, qui avait proposé un report du scrutin, a vu sa demande balayée par 172 votes électroniques contre 17 !

Les présidents des fédérations d’Haïti, de la République démocratique du Congo, du Bénin, des Fidji, de Chypre, de l’Argentine et de l’Espagne ont même eu la critique très dure contre la position anglaise. Et Blatter, élu sur un programme « tolérance zéro contre la corruption », de pavaner : « Nous savons tous que le bateau de la FIFA est dans des eaux mouvementées, troubles. Je vais le remettre sur des eaux claires et transparentes. Je suis le capitaine et j’ai la responsabilité de le faire. » Ainsi parle le seul candidat de l’élection à la présidence de l’instance mondiale du sport le plus populaire de la planète. Vous avez dit transparence, monsieur Blatter ?

A. H.