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Boland : « Le football est plus victime que coupable »

Lionel Boland

Lionel Boland - -

Invité de l’Intégrale Sport sur RMC, le président de la Ligue de football amateur a réagi aux actes de violence constatés ces derniers jours. Lionel Boland ne nie pas le problème mais rappelle que ces faits sont majoritairement commis par des personnes extérieures au terrain.

Comment réagissez-vous à la multiplication des faits de violence dans le football amateur ces dernières semaines ?

Ces faits sont regrettables. Les dérives que l’on constate posent deux questions. Est-ce le fruit du football ou est-ce un manque d’éducation des auteurs ? Je pense que le football est plus victime que coupable. Il faut remettre les choses en place. Je constate que ces faits ont été réalisés par des personnes qui sont extérieures au terrain de jeu. Il n’y a pas d’aggravation sur les terrains. Bien au contraire, les chiffres sont en diminution. Il y a toujours trop de coups sur les arbitres mais il n’y en a « que » deux pour mille. Il y a un travail important effectué par les dirigeants et les éducateurs. Si je prends l’exemple de Leonardo, qui a secoué un arbitre de Ligue 1 (Alexandre Castro lors de PSG-Valenciennes, le 5 mai dernier, ndlr), ce comportement est tout à fait regrettable. On ne peut pas dire que c’est le comportement du football professionnel qui provoque plus d’agressivité sur le terrain.

Est-il possible de classer des matchs de football amateur « à risques » comme dans le football professionnel ?

Au niveau du football amateur, les ligues et les districts le font très bien. Ils déclarent des matchs sensibles. Il y a des réunions avec les présidents des deux clubs et, si les districts et les ligues, jugent que ce n’est pas suffisant, il y a des réunions avec la police dans la semaine précédant le match. Généralement, lorsque les matches sensibles sont préparés avec une bonne communication, il n’y a aucun problème.

Y a-t-il des catégories d’âge plus sensibles à ces problèmes de violence ?

Bien sûr. Entre les U17 et les U19, nous avons un peu plus de problèmes que chez les séniors. Le travail des éducateurs se portent de plus en plus dans la catégorie U19. Nous avons du mal à maîtriser ces joueurs, même si c’est une infime quantité.

« Des suspensions à vie, c’est compliqué »

Que fait la Ligue de football amateur pour éviter ces incidents ?

Nous essayons de retarder la compétition, c’est-à-dire ne pas avoir de championnat jusqu’aux U13 ou U14. A chaque fin de saison, les incident augmentent puisque les clubs jouent la montée ou tentent de ne pas descendre à l’échelon inférieur. L’enjeu et la nervosité sont plus importants. Nous devons plus nous tourner vers de la prévention. Même si le barème disciplinaire a été doublé pour les joueurs et quasiment triplé pour les éducateurs, il doit être appliqué.

Etes-vous favorable à la suspension à vie de joueurs ou éducateurs en cas d’actes de violence ?

A vie, je ne sais pas. Mais au moins 15-20 ans. Un barème à vie, c’est compliqué. Parfois, certaines personnes pètent les plombs sur un match. Et condamner, par exemple, un jeune père de famille à vie, c’est difficile. Il faut aussi faire attention à cela.

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Propos recueillis par RMC Sport