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Brésil: Rai démonte encore Bolsonaro dans une tribune

Rai

Rai - AFP

Dans une tribune publiée par Le Monde, l'ancien milieu offensif du PSG, Rai, aujourd'hui directeur sportif du FC Sao Paulo, charge violemment le président brésilien Jair Bolsonaro et son gouvernement, qu'il compare à la peste.

Il ne cite jamais son nom, mais on comprend aisément à qui il fait référence. Homme de convictions, et farouche opposant au président brésilien d'extrême-droite Jair Bolsonaro, l'ancienne vedette du PSG, Rai, adresse un nouveau tacle au dirigeant ce mercredi dans une tribune publiée par Le Monde.

"Le Brésilien que je suis, comme tant d’autres, se retrouve assiégé, en ces temps si sombres, par un double fléau dont les ravages ne sont que l’addition de nos propres errements collectifs, écrit le directeur sportif du FC Sao Paulo. En plus de la 'peste' biologique, cette épidémie si mal gérée qu’elle a provoqué la plus grave crise sanitaire de l’histoire de mon pays, nous subissons un autre mal, bien plus meurtrier à long terme. Un mal qui diplomatiquement nous isole, un mal qui, insidieusement, ronge l’Amazonie et persécute ceux qui la protègent. Un mal qui permet l’exploitation minière dans les réserves indigènes, et préfère les troncs sciés aux troncs vivants… Un mal castrateur de libertés, qui menace la démocratie et fait renaître l’odieuse censure, favorise l’intolérance, l’homophobie, le machisme, la violence. En emprisonnant notre raison et notre bon sens, il nous détruit, pousse à la haine, se pose en ennemi des arts et de la culture, humilie notre conscience en niant la science."

"Il nous faut résister à cette peste brésilienne qui porte un costume sombre"

Ce mal, assure Rai, "est l'oeuvre d'un clan". Celui de Bolsonaro et ses sbires. Un mal contre lequel l'ancien milieu offensif appelle à se battre. "Il nous faut résister à cette peste brésilienne qui porte un costume sombre et masque son fourbe sourire, attaque par la répression, l’agression, la persécution, en utilisant les 'restes' juridiques d’un Brésil autrefois autoritaire, à l’image de cette loi sur la sécurité nationale, héritée de la période noire de la dictature militaire, poursuit Rai. Et moi qui pensais qu’après vingt ans de torture, tant de meurtres et de censure, nous ne souffririons plus jamais de tout cela…"

Le Brésil va-t-il sortir un jour de ce "cauchemar"? Le petit frère de Socrates veut y croire. S'il faut déjà régler la crise sanitaire, fait-il comprendre, "le travail ne sera pas terminé pour autant". "Il nous faudra alors anéantir cette plus grande peste encore, celle qui, au-delà du microscopique agent infectieux, gangrène notre corps social, conclut-il. Car il ne suffit pas d’identifier le séquençage du virus qui nous impose ses lois et bafoue nos droits, il faut maintenant en trouver l’antidote pour ne pas évoluer, malgré nous, en porteurs malsains d’une maladie qui nous anéantirait."

C.C.