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Ballack : « Ribéry mérite le Ballon d’Or »

Michael Ballack

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EXCLU RMC SPORT. Ancienne gloire du football allemand, aujourd’hui à la retraite, Michael Ballack livre son analyse avisée sur l’actualité. Après-carrière, Mondial, Ballon d’Or… L’invité de Luis Attaque répond à toutes les questions.

Michael Ballack vous avez mis un terme à votre carrière il y a un peu plus d'un an. Le football vous manque-t-il ?

Parfois oui. Mais globalement, ça va. Je pensais que ce serait plus difficile de ne plus jouer après ma carrière. J’ai pris ma décision tout seul. C’était mon choix. Je n’étais pas blessé. J’avais 35 ans et le sentiment d’avoir fait le tour et mon boulot. Je n’ai pas de regret.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Si tu regardes derrière toi, tu peux toujours penser que tu aurais pu gagner un titre supplémentaire par rapport à ce que tu as déjà gagné. J’ai joué à haut niveau toute ma carrière et j’en suis heureux. J’ai pu jouer pour mon pays. J’ai été capitaine de ma sélection. Il y a toujours des matches qu’on a perdus et qui permettent de gagner des titres en plus. Je n’ai jamais gagné d’Euro ou de Coupe du monde. Ce sont des compétitions que j’aurais vraiment aimé gagner. Mais c’est comme ça. Je trouve que mon bilan est superbe.

Pensez-vous à devenir entraîneur ?

Peut-être oui. J’y pense toujours un peu après avoir parlé avec beaucoup d’entraîneurs tout au long de ma carrière. Mais c’est un métier et une vie bien différents. Je vois beaucoup de joueurs de ma génération devenir entraîneurs, comme Laurent Blanc. J’ai toujours réfléchi au jeu. Transmettre tes idées et avoir une influence sur une équipe, ça m’attire vraiment. Peut-être que l’année prochaine, je deviendrai entraîneur. Je pense commencer à passer mes diplômes l’année prochaine.

La finale de la Ligue des champions a opposé la saison dernière deux clubs allemands. Êtes-vous plutôt pour la philosophie du Bayern ou celle de Dortmund ?

C’est difficile à dire. J’ai joué au Bayern et je suis toujours en contact avec eux. D’un autre côté, c’est toujours sympa de regarder Dortmund, pour le football qu’ils développent. Leurs matches sont toujours spectaculaires. Le Bayern a, de son côté, marqué plus de buts que personne l’année dernière. La finale n’a pas été le meilleur match des deux équipes, mais elles le méritaient.

Dans quelque temps aura lieu l'élection du Ballon d'Or. A qui va votre préférence ?

Je suis heureux de ne pas avoir à prendre de décision car avec Messi, Ronaldo et Ribéry, on parle de trois joueurs formidables. C’est très difficile de dire qu’untel mérite plus qu’un autre le Ballon d’Or. C’est un sport d’équipe. On devrait donner de l’importance aux titres remportés. Ribéry l’a fait. C’est un des meilleurs joueurs en Europe. Il le mérite après sa saison exceptionnelle. Même dans une équipe aussi forte que le Bayern Munich, il a fait la différence. Quand il était blessé au début de saison, ça s’est vu. Ce n’était plus la même équipe. Il a une énorme influence, comme Ronaldo et Messi, mais eux n’ont pas autant gagné la saison dernière. Moi pour il a donc un petit avantage.

Et concernant les entraîneurs ?

Je n’ai jamais été entraîné par Pep Guardiola. J’ai connu Mourinho, qui est un entraîneur formidable. Ce n’est pas un hasard s’il a gagné la Ligue des champions avec deux clubs (Porto et l’Inter Milan, ndlr). Même avec Chelsea, on a été très proche de la gagner. Avec Pep Guardiola, on développe un jeu totalement différent. C’est pour ça que c’est compliqué de comparer les entraîneurs, vu qu’ils s’adaptent souvent aux joueurs qu’ils ont à disposition. Les deux sont de grands entraîneurs, mais très différents dans leur façon de voir le foot. Leur point commun, c’est d’avoir gagné tous les deux.

« L'équipe de France parait plus stable »

Quelle image avez-vous de l'équipe de France ?

Il y a trois ou quatre ans, cette équipe me paraissait faible et en difficulté. Vu de l’extérieur, on n’avait pas l’impression de voir une équipe à 100%, avec des problèmes avec l’entraîneur. Je trouve aujourd’hui que ça a l’air beaucoup plus stable et que certains joueurs ont changé. Quoi qu’il arrive, la France reste une grande nation de football. C’est difficile de succéder à la génération 1998 car tout le monde attend toujours les mêmes succès. C’est normal que ça prenne du temps. C’est difficile d’être aujourd’hui au niveau de l’Espagne ou de l’Allemagne. La France est un peu en dessous.

En France, les propos de Patrice Evra ont fait beaucoup de bruit. Qu'en pensez-vous ?

Je m’exprime là en tant que joueur. Quand tu es sur le terrain, les médias jouent leur rôle, parlent ou critiquent à la télévision. Quand tu es joueur, tu accumules, tu as envie de réagir. Tu ne choisis pas forcément le meilleur moyen de le faire. C’est comme ça. Cette histoire fait beaucoup de bruit, mais ça va retomber. Ce n’est pas la fin du monde. Le joueur doit pouvoir l’accepter, même si ça prend de grosses proportions. Quand tu es un joueur comme Evra, qui compte à Manchester et en France, ce sont des choses qui peuvent arrivent. Après, il a tout à fait le droit de se plaindre.

Qui gagnera la Coupe du monde ?

J’ai été très impressionné par le Brésil à la Coupe des Confédérations. Avant cette compétition, ce n’était pas le cas, mais là, leur jeu est vraiment bien en place. Mais l’Allemagne peut vraiment gagner la Coupe du monde, même si les nations européennes ont toujours du mal en Amérique du Sud. Brésil et Argentine sont donc forcément dangereux.

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Luis Attaque