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Bundesliga: "Pourquoi ne pas finir meilleur buteur?"

En neuf matchs disputés avec Mayence depuis le début de la saison, Jean-Philippe Mateta a inscrit dix buts. Le Français est le troisième meilleur buteur de Bundesliga avec sept réalisations en championnat. Un changement important pour l'ancien joueur de l'OL, opéré du genou en juillet 2019 et qui sort d'une saison moins prolifique (18 matches, trois buts, 1 passe décisive). A 23 ans, le natif de Sevran a décidé de tout changer et est désormais suivi par un nutritionniste et un préparateur physique personnel. Un changement payant sur ce début de saison. Mais Jean-Philippe Matera voit déjà plus loin.

Comme expliquez-vous ce début de saison réussi pour vous?

Je pense que c’est dû aux changements autour de moi. J’ai fait de nouvelles choses, donc j’ai de nouveaux résultats. J’ai rajouté du staff autour de moi et je me rajoute des entraînements, que ce soit au club ou chez moi. Dans une semaine, je peux faire trois entraînements supplémentaires, je fais beaucoup de tirs après les entraînements aussi, avec le deuxième gardien.

Qu’est-ce qui vous a fait prendre conscience que vous aviez besoin de ça?

Je voulais marquer plus de buts, c’est la première raison et la plus importante pour moi. Je veux devenir plus régulier et j’ai fait besoin de ça. Après je pense aussi que c’est dû à ma blessure au genou. J’ai passé beaucoup de temps à lire et à réfléchir pendant cette période. J’ai beaucoup écrit aussi. J’ai écrit sur ce que j’ai fait jusqu’à maintenant et surtout sur ce que je veux faire par la suite. Et j’ai décidé de tout changer à partir de ce moment-là. 

La blessure a été une période difficile?

Pas du tout justement. Ma blessure m’a servi. C’est grâce à ça que j’arrive à performer en ce moment. Je me suis remis en question, je suis devenu plus mature. Je me suis fiancé aussi, c’était important pour moi. Je ne pense pas que ma blessure m’a freiné. Le seul passage dans ma carrière qui m’a freiné, ou j’ai perdu du temps, c’était à Lyon (saison 2016/2017). Là, je ne jouais pas, et c’était frustrant. 

Du coup, comment-jugez-vous votre début de saison?

Je suis content mais je sais que je peux faire mieux. Ok, j’ai mis 10 buts. Mais il y a des matchs où j’ai manqué trop d’occasions. Contre Schalke par exemple (2-2, 7ème journée), j’ai mis un but alors que je peux en mettre plus. Contre Fribourg (3-1, 8ème journée), je mets un triplé, mais je pense que je peux mettre 5 ou 6 buts normalement. Je sais que je peux faire mieux.

C’est aussi c’est quelque chose qui a changé chez vous, cette volonté d’en vouloir encore plus?

Non, j’ai toujours eu cette volonté de faire plus. J’ai toujours été comme ça. Ça vient de ma famille. J’ai un père qui m’appelle après les matchs pour me dire que j’aurais pu en faire encore plus. 

Vous avez failli partir l’été dernier, pourquoi avoir fait le choix de rester à Mayence?

C’est simple, je ne me voyais dans aucun des clubs qui me voulaient. Je me suis dit que la meilleure chose était de rester à Mayence, de faire une belle saison, pour ensuite envisager de partir l’été prochain. Après, pour être honnête, je ne pense pas encore à l’été prochain. J’ai des objectifs en tête avant.

Quels sont ces objectifs?

Commencer par faire mieux que ma première saison à Mayence (14 buts). Je m’en approche, donc je vois déjà plus loin, mais déjà dépasser ce chiffre, ce sera pas mal. 

Plus loin, c’est meilleur buteur de Bundesliga?

Bien sûr que j’y pense. Je suis un buteur, donc je pense à finir meilleur buteur. Même si c’est plus dur de marquer des buts à Mayence qu’au Bayern, mais pourquoi pas? 

Et vous pensez déjà à l’équipe de France?

Bien sûr. Même quand j’étais au Havre je pensais à la sélection. C’est quelque chose de très important. Rien que de voir que les Français suivent ce que je fais en Allemagne, c’est une fierté. Arriver en équipe de France A, c’est un rêve. 

Vous avez toujours eu cette confiance en vous, ça vient d’où?

Depuis que je suis tout petit c’est comme ça. On parle souvent de pression dans le football, mais moi, la pression, je l’avais quand je jouais dans mon quartier avec les plus grands. Quand tu es petit et que tu n’es pas bon avec les plus grands, tu te fais taper. Là, tu as la pression pour être bon. Ça m’a forgé. Mais maintenant que je suis professionnel, c’est juste une question de travail. Si tu travailles, tu n’as pas à avoir la pression car tu sais que tu as tout fait pour réussir. 

La critique, c’est une forme de pression non?

J’ai arrêté de regarder tout ça aussi. Fini les réseaux sociaux… J’ai pris des gens pour s’occuper de mon compte Instagram par exemple. Je suis focalisé sur mon travail, je ne veux plus regarder ce qu’il y a à côté.

Loic Tanzi