RMC Sport

Costil, sur la pointe des pieds

-

- - AFP

Appelé chez les Bleus pour pallier le forfait de Stéphane Ruffier, blessé à un orteil, Benoît Costil a fait ses premiers pas à Clairefontaine avec les A. Avec humilité, et les yeux d’un supporter de toujours, même s’il ne perd pas le sens des priorités.

Benoît Costil n’avait jamais mis un orteil en équipe de France A. Et c’est finalement celui de Stéphane Ruffier, trop enflammé pour lui permettre de tenir sa place contre le Portugal (samedi) et l’Arménie (mardi), qui lui a ouvert la porte des Bleus. « Je connaissais Clairefontaine dans son ensemble grâce aux sélections jeunes, mais il me manquait une petite chose, raconte le Rennais. Ou plutôt une grosse chose : le château. Aujourd’hui j’en connais un petit peu plus. Pas énormément, mais ça reste une sensation assez particulière. Ça fait quelque chose. »

C’est avec une humilité presque touchante que l’invité surprise a fait ses premiers pas au Château, accueilli par « Monsieur Deschamps », pour reprendre les termes respectueux à souhait du Breton. « J’ai un parcours où j’ai beaucoup galéré, j’ai beaucoup travaillé. Le chemin est très compliqué et c’est pour ça que je suis d’autant plus fier. Dans les chambres, il y a une petite affiche : "23 sélectionnés sur 2 millions de licenciés", ça veut dire ce que ça veut dire. On pense à tous les joueurs dont on a été fans quand on était petits. Il y a aussi les joueurs qu’on a soutenus durant le Mondial cet été. Quand vous jouez au foot, vous êtes français, vous êtes supporter de l’équipe de France. D’y arriver, d’y mettre les pieds, de les côtoyer, c’est un grand privilège et j’en suis conscient. »

« Pas là pour faire du tourisme »

Son choix de chanter Parce qu’on vient de loin, de Corneille, lors du traditionnel bizutage pour son premier dîner, lundi soir, n’a donc rien d’anodin. Mais le « p’tit nouveau », aussi impressionné soit-il par cette convocation inattendue, n’a pas l’intention de vivre ce premier séjour international en spectateur : « Je ne suis pas là pour faire du tourisme mais pour montrer mes qualités et pour être à la disposition du staff et des joueurs, assure-t-il. J’ai soif d’apprendre beaucoup de choses. Je vais regarder et surtout essayer de m’entraîner de la meilleure façon possible. »

Et même s’il n’a qu’une chance infinitésimale d’obtenir sa première cape durant les deux rencontres à venir, Costil sait très précisément ce que l’on peut lui souhaiter : « Deux victoires, que je prenne beaucoup de plaisir, que je reparte de ces huit-neuf jours avec la banane et que ça me donne envie de revenir le plus vite possible. » Parce qu’il vient de loin.

A.T.