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CAN 2015 : le virus Ebola prend en otage l’Afrique du foot

La Côte d'Ivoire comme le Congo restent dans le flou quant à la tenue de la prochaine Coupe d'Afrique des Nations.

La Côte d'Ivoire comme le Congo restent dans le flou quant à la tenue de la prochaine Coupe d'Afrique des Nations. - AFP

Opposée dans un premier temps à tout report de la CAN 2015 comme l’a vivement réclamé le Maroc (pays hôte de la compétition) il y a quarante-huit heures en raison du virus Ebola, la Confédération Africaine de Football (CAN) a finalement décidé de se pencher sérieusement sur le dossier début novembre. Alain Giresse, actuel sélectionneur du Sénégal, craint , lui, le pire pour le sport africain tout entier.

Parce qu’il y a vraiment urgence et que la situation l’exige, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de revenir sur sa décision. Et de tenir, le 2 novembre prochain à Alger un comité exécutif en présence de son Président Issa Ayatou. A l'ordre du jour, la tenue de la Coupe d'Afrique des Nations aux dates prévues (du 17 janvier au 8 février).

Le lendemain, soit le lundi 3 novembre, les dirigeants de la CAF se rendront à Rabat au Maroc, pour y rencontrer, notamment, le Ministre des Sports et le Ministre de la Santé du Maroc ainsi que le comité d'organisation. Les deux ministères feront entendre leurs voix et s'appuieront sur le soutien de l'Organisation Mondiale de la Santé avec laquelle ils travaillent étroitement.

Giresse : « Plus de sport en Afrique ? »

A l'heure actuelle, aucune décision n'a été prise en coulisses. La CAF a simplement confirmé « qu’aucun changement n’est à l’ordre du jour du calendrier de ses compétitions et évènements ». Mais ne ferme toutefois plus la porte à des discussions. « Ça mérite réflexion, c’est sûr, soutient Alain Giresse, actuel sélectionneur du Sénégal. Que les instances médicales, l’OMS, les instances habilitées puissent porter des appréciations, donner des indications. Là, c’est un peu brut. Des questions se posent. Il faudrait peut-être approfondir de façon concrète le sujet. »

Si la psychose (ou la raison ?) venait à l’emporter, une succession de mesures pourraient tomber tels des dominos. Et ébranler le sport africain tout entier. « Si on démontre qu’effectivement c’est une nécessité, la santé passe avant tout c’est évident, conclut Giresse. Ça peut aller loin. Ça veut dire qu’il n’y aura plus d’équipe africaine en Coupe du monde… Je ne sais pas, on peut supposer des choses. On est dans le football mais après c’est fini, donc il n’y a plus de sport en Afrique. »

GM avec NJ