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CAN 2019: très ambitieuse en Egypte, l'Algérie lance sa reconquête

Après plusieurs années d'instabilité, l'Algérie de Belmadi et Mahrez débutera dimanche sa CAN 2019 contre le Kenya (22h) avec l'étiquette d'outsider ambitieux. Mais pour espérer décrocher un premier titre depuis 1990, les Fennecs devront surmonter leurs propres défauts, ainsi qu'une énorme pression populaire.

L’Algérie et la CAN 2019, c’est pour le moment une drôle d’histoire. Celle d’Haris Belkebla, écarté de la sélection la semaine passée pour avoir montré ses fesses durant une partie de Fortnite, et de son remplacement surprise par le néo-naturalisé Andy Delort. Mais après cet épisode extra-sportif, place aux choses sérieuses. Dimanche soir (22h), les Fennecs débuteront leur compétition avec un match contre le Kenya. Et ils sont attendus au tournant.

Une équipe en quête de rachat

Une succession de sélectionneurs aux échecs plus retentissants les uns que les autres (Leekens, Alcaraz, Madjer), une élimination au premier tour de la CAN 2017, pas de Mondial 2018… Après 2014 et son huitième de finale au Brésil, la sélection algérienne a vécu une longue période d’instabilité. Mais la nomination en août 2018 de Djamel Belmadi, au discours plus musclé et terre à terre, a permis de remettre un peu d’ordre, et de donner de nouvelles ambitions à l’équipe. Les Verts abordent aussi cette CAN 2019 avec appétit. "On est confiants, on sait que c’est une compétition difficile mais on s’est bien préparé, expliquait cette semaine le capitaine Yacine Brahimi à France 24. On souhaite la victoire, on ne va pas se cacher. Aller le plus loin possible, c’est remporter la coupe, ça serait quelque chose d’immense pour nous et pour le peuple algérien."

Mais la tâche s’annonce assez compliquée. Parce que l’Algérie n’est aujourd’hui que 68e au classement Fifa, et qu’elle affrontera dès la phase de poule le Sénégal, l’un des grands favoris. La marge d’erreur contre le Kenya et la Tanzanie est donc assez réduite. "Il ne faut plus prendre ces équipes à la légère. On a vu un match équilibré en ouverture (entre l'Egypte et le Zimbabwe, 1-0). On est plus qu'avertis", a indiqué ce samedi le sélectionneur depuis Le Caire, où joueront les Fennecs.

Une pression monstre

Comme souvent, du moins durant les premiers matchs, le principal adversaire de l’Algérie pourrait être l’Algérie elle-même. Et la clé pourrait dépendre de sa faculté à résister à la pression populaire. Car même si le tournoi se tient en Egypte, les Fennecs pourront encore sentir le souffle de tout un pays dans leur dos, souffle qui peut devenir brûlant au premier petit pépin. Afin de protéger ses joueurs, Belmadi a tenté de construire une bulle autour de l’équipe, en organisant des matches de préparation à huis-clos, et en alimentant le moins possible les médias locaux, parfois oppressants.

Et alors qu’Aliou Cissé, le sélectionneur du Sénégal, a tenté avec malice de faire tourner la tête aux Verts en déclarant que "l’Algérie fait partie des favoris", Belmadi a aussitôt sorti le bouclier, en optant plutôt (et à juste titre) pour le statut d’outsider. "Pour être favori, il aurait fallu avoir gagné une fois en dehors de nos terres (l'Algérie a remporté sa seule CAN en 1990 à domicile), a lancé le technicien d’El-Khedra ce samedi. On a été sortis en 2017, on n'a pas été à la Coupe du monde. Il n'y a pas les ingrédients pour être favoris. […] On est une équipe qui est en train de se reconstruire et qui veut bien faire."

Mahrez en leader technique

Pour cela, l’ancien joueur de l’OM pourra compter sur une équipe certes moins impressionnante que le Sénégal, l’Egypte, ou que le voisin marocain, mais tout de même talentueuse. Et quand on parle de talent, on pense forcément à Riyad Mahrez. L’ailier de Manchester City, pas assez souvent titulaire à son goût cette saison avec les Skyblues, arrive en Egypte avec du feu dans les jambes, et l’intention de porter les siens. Il sera aidé sur un plan offensif par les expérimentés Sofiane Feghouli (Galatasaray) et Yacine Brahimi (Porto, fin de contrat), par le buteur d’Al-Sadd Baghdad Bounedjah voire le jeune Adam Ounas (Naples), mais aussi par Ramy Bensebaini (Rennes) derrière, tout comme par le latéral droit Youcef Atal (Nice), l’une des révélations de la saison en Ligue 1.

Il faudra toutefois parvenir à faire jouer tout ce beau monde ensemble, ce qui n’est pas gagné, et tenter de trouver des solutions dans le secteur défensif axial, sans doute le point faible de la formation algérienne. Surtout, il faudra aux Fennecs impérativement faire preuve de solidarité, ce qui n’a pas été leur grande force ces dernières années.

CC