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CAN : Lamouchi veut relancer les Eléphants

Sabri Lamouchi, sélectionneur des Eléphants

Sabri Lamouchi, sélectionneur des Eléphants - -

L’ancien joueur de l’OM a fait du bon travail depuis qu’il a été nommé à la tête de la sélection des Eléphants en mai dernier, dans la foulée de l’échec en finale de l’édition 2012. Il devra maintenant confirmer, et ce dès mardi face au Togo (16h), à la tête d’un candidat désigné à la victoire.

C’est un énorme défi qui attend Sabri Lamouchi, qui a pris les rênes de la sélection des Eléphants mi-2012. Le Français de 41 ans, qui a étrenné son nouveau diplôme d’entraîneur avec la bande à Didier Drogba, va devoir relancer une sélection qui reste sur le cuisant échec en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2012 face à la Zambie (0-0, 8 tab 7) d’Hervé Renard. « Tant d’années de frustration », déplore l’ancien milieu de l’OM et d’Inter sur les ondes de RMC. Et pour cause. La Côte d’Ivoire, archi-favorite à chaque édition, n’a plus soulevé le trophée depuis 1992. Vingt ans… Quand il regarde l’effectif cinq étoiles de son équipe, logée dans le très luxueux Royal Marang Hotel de Rustenburg, avec les Drogba, Y. Touré, Gervinho, le sélectionneur ne veut pas croire que cette génération dorée puisse quitter la scène internationale sans remporter la CAN. « Ce serait un gâchis immense », concède Lamouchi dans Luis Attaque.

Arrivé sur la pointe des pieds, l’ancien joueur de l’équipe de France (12 sélections) a eu pour lui de devoir rassembler le puzzle ivoirien, éparpillé par cette cruelle désillusion en finale à Libreville. Un appel du président de la fédération ivoirienne de football, Jacques Anouma, lui a ouvert les portes d’une « aventure extraordinaire ». « Je n’imaginais pas un instant entraîner une sélection. » Huit mois plus tard, le petit Français peut s’enorgueillir d’un bilan plus que respectable : les Eléphants sont invaincus en 7 rencontres, la dernière en date, le seul match de préparation à la CAN contre l’Egypte (4-2), il y a une semaine. « Notre plus mauvaise prestation, juge Lamouchi, j’avais des joueurs qui n’ont pas coupé pendant la trêve, d’autres en vacances. » Face à un groupe manquant d’unité, le sélectionneur a mis l’accent sur les séances d’entrainement plutôt que sur les oppositions.

Face au Togo de Didier Six

Lamouchi s’est fait accepter par le groupe. Sa bonne entente avec le roi Drogba, exilé en Chine (Shanghai Shenhua) y est pour beaucoup. « Didier est un professionnel d’exception, quand on le voit travailler on comprend comment il a eu une telle carrière. » Réfutant le rôle d’adjoint à l’ancien canonnier de Chelsea, Lamouchi admet qu’il s’appuie beaucoup sur lui pour de précieux conseils dans la gestion du groupe ou dans la définition du programme. Tout ceci devra prendre corps sur le terrain mardi en Afrique du Sud contre le Togo d’Emmanuel Adebayor, entraîné par un autre Français, Didier Six (58 ans). Les Eperviers effectuent leur retour dans la CAN, après avoir accumulé les déconvenues depuis 2006. Le Togo, puis la Tunisie, et enfin l’Algérie sont autant d’adversaires redoutables, dans un groupe D de la mort, qui pourraient se mettre sur la route d’un triomphe ivoirien. Mais pour Lamouchi, l’ennemi n°1 des Eléphants est tout désigné : « Nous-mêmes. A nous d’être efficaces et concrets, et d’arrêter de courir après un jeu prétendument spectaculaire ». C’est peut-être ça l’effet Lamouchi.

Louis Chenaille (avec N.J. à Johannesburg)