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Finalement, les Togolais quittent la CAN

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Après avoir indiqué dans la nuit qu’ils restaient en Angola, les joueurs togolais ont annoncé sur RMC par la voix de leur capitaine Emmanuel Adebayor qu’ils rentraient au pays sur ordre de leur chef d’Etat. Ils sont attendus à Lomé en fin d’après-midi.

Nouveau et sans doute ultime revirement dans le dossier togolais : les Eperviers vont bien finalement quitter la CAN et rentrer à Lomé. Dans Larqué Foot sur RMC, Emmanuel Adebayor l’a confirmé. « Les autorités togolaises ont décidé de plier bagages. Le plus important, c'est ce que le chef de l'Etat a décidé, on va rentrer. En tant que capitaine et porte-parole du Togo, j’ai parlé avec toutes les autorités ici. Je leur ai dit de prendre les mesures nécessaires pour notre sécurité. J’en ai parlé avec le capitaine et la délégation de la Côte d’Ivoire et avec les Ghanéens. Ils m’ont exprimé leur soutien en disant qu’ils étaient prêts à quitter la compétition si on le faisait. A la fin de la journée, on a vu qu’ils étaient prêts à poursuivre. Si on parle de morts, la compétition doit être annulée. Mais la CAF en a décidé autrement. Nous, on va rentrer et on souhaite bon courage à ceux qui vont rester, surtout au Burkina Faso, à la Côte d’Ivoire et au Ghana. Ce que j’ai dit à leurs dirigeants, c’est qu’ils pouvaient être attaqués à Cabinda à tout moment. »

Selon Adebayor, un avion présidentiel est parti ce matin de Lomé pour récupérer les joueurs et le staff technique. Attendu à Cabinda à la mi-journée, il devrait ramener la sélection à Lomé en fin d’après-midi.

Une décision prise « à la majorité »

C’est l’épilogue d’un feuilleton à rebondissements, débuté vendredi après-midi par l’attaque du bus des Togolais par les séparatistes du FLEC (Front de libération de l’Etat du Cabinda) peu après leur entrée sur le territoire angolais, dans l’enclave de Cabinda. Trois morts et un blessé grave, le gardien remplaçant Obilalé, sont à déplorer. Ce qui avait poussé les Togolais à annoncer samedi après-midi leur retrait de la compétition, avant de se raviser dans la nuit de dimanche, Jonathan Ayité, attaquant togolais de Nimes, et ses coéquipiers souhaitant « rester en l’honneur de ceux qui sont morts ».

Les pressions réitérées des autorités togolaises ont donc eu le dernier mot. Dimanche matin, le Premier ministre du Togo Gilbert Fossoun Houngbo a répété que l'équipe nationale devait rentrer et « quitter la Coupe d'Afrique des nations en Angola, deux jours après la fusillade qui a fait au moins deux morts au sein de la délégation togolaise », estimant que « si à l'ouverture de la CAN (...), une équipe ou quelque personne se présente sous la bannière du Togo, ce serait une fausse représentation. L'équipe doit rentrer ce jour. (…) C'est une décision mûrie depuis vendredi. Nous avons compris la démarche des joueurs qui voulaient exprimer une manière de venger leurs collègues décédés mais ce serait irresponsable de la part des autorités togolaises de les laisser continuer. »

Dimanche matin encore, Jonathan Ayité maintenait que les joueurs souhaitaient rester en Angola après avoir notamment reçu hier soir leurs jeux de maillots. « On s’est dit qu’on ne pouvait pas partir comme ça ». Preuve supplémentaire de la confusion qui règne à Cabinda au sein même de la sélection, où les avis semblent partagés. Comme Adebayor l’a confié sur RMC : la décision de quitter l’épreuve n’a pas été prise à l’unanimité, mais « à la majorité ». Fin du feuilleton ?

La rédaction - Jean-François Pérès