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Gerets réveille le Maroc

Eric Gerets

Eric Gerets - -

Décrié avant le choc face à l’Algérie, le technicien belge est désormais en position de force après le large succès du Maroc sur les Fennecs samedi soir (4-0). Un renversement de situation parfaitement maîtrisé par l’ex-coach de l’OM.

Samedi soir tard, dans les rues de Rabat et de Casablanca, des milliers de personnes drapées du maillot du Maroc laissent éclater leur joie. Peu avant, au bord de la pelouse du Grand Stade de Marrakech, Eric Gerets jubilait. « C'était le meilleur match qu'on a joué et une soirée exceptionnelle pour 35 millions de Marocains », savoure l’intéressé. Les Lions de l’Atlas viennent de pulvériser l’Algérie (4-0). Et le technicien belge, de réussir son pari. Ce qui, avant le quatrième match du Maroc dans les éliminatoires de la CAN 2012, était loin d’être évident.

Revenons quelques jours en arrière. La presse marocaine vient de révéler le salaire de sélectionneur de Gerets, 250 000 euros, nets d’impôts selon certaines sources locales. Elle lui reproche de maintenir à la pointe de l’attaque des Lions un Marouane Chamakh improductif depuis trois mois. Et, pour bien noircir le tableau, un des talents de la sélection marocaine, l’ancien Lensois Adel Taarabt, claque la porte après avoir appris que Gerets ne le ferait pas débuter face aux Algériens… Tous les ingrédients propices à une ambiance tendue sont réunis. S’ajoute à cela la position précaire des Marocains dans leur poule éliminatoire. Une défaite, une de plus contre le voisin algérien après celle enregistrée le 27 mars dernier (1-0), et c’est à la télévision que les partenaires de Chamakh auraient probablement regardé la compétition.

Gerets : « Je peux dormir sur mes deux oreilles »

Il n’en a rien été et ce formidable revirement de situation, c’est à Gerets que le Maroc le doit. Face à la pression, le Lion de Rekem a réagi avec son flegme habituel. « Je suis toujours la même philosophie, a-t-il confirmé après le match. Rien n’a changé. » Loin de céder à la vindicte populaire, il a su transcender son groupe et maintenir sa confiance à ses cadres, même les plus contestés. Résultat, Chamakh a marqué et la jeune perle d’Heerenveen, Oussama Assaidi, auteur d’un splendide quatrième but, aussi. Assaidi, l’homme qui avait poussé Taarabt sur le banc… « J’espère qu’il a vu le match, poursuit Gerets. Maintenant, il sait pourquoi je l’ai écarté. »

L’ancien guide de l’OM, fréquemment annoncé de retour en France, a repris la main. Désormais, le peuple marocain a confiance en lui. Et l’espoir de disputer une CAN qui n’est plus à l’agenda des Lions de l’Atlas depuis 2008 est de nouveau palpable. « Je peux dormir sur mes deux oreilles », lâche-t-il satisfait. Abdelhak Benchikha ne peut pas en dire autant. Dimanche matin, le sélectionneur algérien a démissionné de son poste. Il ne vivra pas l’avant-dernière journée des éliminatoires. Le Maroc se déplacera en Centrafrique.