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L’Algérie, c’est fou !

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Après 120 minutes complètement dingues, l'Algérie s'est qualifiée pour les demi-finales de la CAN. Les Fennecs ont dominé les Ivoiriens (3-2), même si les Eléphants peuvent se plaindre de l’arbitrage.

Ce Côte d’Ivoire-Algérie, meilleur match depuis le début de la CAN, aurait mérité que son dénouement ne soit pas entaché d’une faute arbitrale. Au terme d’un match à rebondissements, les Eléphants auraient dû emmener leurs adversaires aux tirs au but, grâce à une frappe gagnante de Kolo Touré tout au bout de la prolongation. Mais l’explosion de joie ivoirienne n’aura duré que quelques secondes. Le temps pour l’arbitre assistant de lever son drapeau à mauvais escient, le défenseur de Manchester City se trouvant sur la même ligne que la défense algérienne.

Cette fin est d’autant plus cruelle que les coéquipiers de Didier Drogba s’étaient déjà fait une énorme fausse joie à la fin du temps règlementaire. A peine entré sur la pelouse, alors que les deux équipes étaient dos à dos (1-1), Kader Keita pensait avoir délivré son pays d’une frappe monumentale de près de 30 mètres, pleine lucarne (88e). Décidément dotés d’une force mentale hors norme, les Algériens ne baissaient pas la tête et attaquaient à tout rompre, jusqu’au coup de tête de Madjid Bougherra à la 92e minute. Les hommes de Saâdane avaient déjà rétabli une première fois la situation, Matmour (40e) répondant à la rapide ouverture du score de Kalou (4e).

Ghezzal : « Pas de grandes individualités mais une famille »

C’est finalement un autre homme venu du banc qui allait endosser le rôle de héros du soir. Remplaçant d’un très bon Mourad Meghni avant le début de la prolongation, Bouazza profitait d’une nouvelle grosse erreur de marquage au second poteau pour inscrire un but identique à celui de Bougherra (93e). Le symbole d’une équipe ivoirienne qui empile les grosses individualités mais dont la discipline collective reste pour le moins chancelante. Sans doute a-t-elle aussi payé les neuf longs jours passés sans jouer en raison d’une poule réduite à trois suite au forfait du Togo. Il reste quatre mois à Vahid Halilhodzic pour corriger le tir et s’éviter une autre cruelle désillusion à la Coupe du monde.

Inexistante en début de compétition, l’Algérie a livré l’une de ses prestations les plus abouties depuis bien longtemps. On a retrouvé l’âme qui avait animé les tombeurs de l’Egypte lors des éliminatoires du Mondial. « La défaite du Malawi (0-3) nous a fait du bien, a expliqué Abdelkader Ghezzal sur RMC. On s’est remis en question. On a oublié notre qualification en Coupe du monde et on a compris qu’il fallait se remettre dans le bain. On a respecté la Côte d’Ivoire tout en jouant notre football. On a joué pour gagner et on est content d’avoir remonté deux fois le score pour l’emporter. La Côte d’Ivoire a une équipe monstrueuse sur le papier, mais en Afrique c’est le collectif qui fait la différence. On n’a peut-être pas de grandes individualités mais on est une famille. On se bat tous sur la même ligne. L’Egypte ou le Cameroun (adversaires potentiels en demi-finales, qui s’affrontent ce lundi, ndlr), ce sont deux grandes équipes africaines avec de grands collectifs. On fera de notre mieux. » Les retrouvailles avec les Pharaons, doubles tenants du titre, auraient toutefois une saveur particulière, deux mois après le match d’appui remporté par les Fennecs à Khartoum. Les Algériens vus ce dimanche sont taillés pour renouveler l’exploit.

La rédaction