RMC Sport

La Tunisie, au nom des siens

La Tunisie veut gagner une 2e CAN, après celle de 2004

La Tunisie veut gagner une 2e CAN, après celle de 2004 - -

Marquée il y a un an par la « révolution de Jasmin » et le départ du pouvoir de Ben Ali, la Tunisie a depuis retrouvé sa liberté. Un moment d’histoire auquel la sélection nationale, qui affronte le Niger ce vendredi (17h), aimerait participer à sa manière en remportant la Coupe d’Afrique des nations.

Il y a un peu plus d’un an, la Tunisie était à feu et à sang. Après quatre semaines de manifestations et d’affrontements entre les révolutionnaires et l’armée, le président Ben Ali quittait un poste qu’il occupait depuis 1987. Une page sanglante de l’histoire du pays, qui a fait plus de 300 morts, mais qui a redonné la liberté à un peuple trop longtemps sous le joug du clan Ben Ali et initié la série de révolutions qui a ensuite touché les pays arabes (Egypte, Libye, Syrie).

Sport national en Tunisie, le football n’a pas échappé à cette crise politique, le championnat local s’étant arrêté durant trois mois et demi. Milieu de terrain international, Adel Chedli évoluait à l’Etoile du Sahel durant cette période. Il se souvient : « Le peuple s’est soulevé, on était avec lui. Au niveau du football, c’était assez dur par rapport à la sécurité donc le championnat était difficile. On jouait sans public, on ne savait pas si on allait jouer ou pas. » Lors de l’arrêt du championnat, l’ancien Sochalien se réfugie alors en France, les conditions de sécurité n’étant plus assurées devant son domicile tunisien, où les balles fusent.

Chedli : « Maintenant, on joue pour tout un peuple »

Plus qu’un peuple, la « révolution de Jasmin » a également libéré des institutions sclérosées par un pouvoir qui souhaitait contrôler tous les organes de la société, y compris dans le milieu du ballon rond. « Le football tunisien était sous le joug du despotisme, confie Anouar Haddad, le président de la Fédération tunisienne, en poste depuis presque un an. Il y avait des interventions de partout. Le choix était dicté par certaines personnes de convoquer tel joueur ou de ne pas convoquer tel autre, même s’il se trouvait en super forme, car il avait des tendances politiques contraires. Maintenant, c’est un choix qui se fait sur des critères bien définis et c’est le staff technique qui est le seul habilité à convoquer tel ou tel joueur. »

Beaucoup moins en réussite ces dernières années, le sport tunisien semble avoir trouvé un second souffle depuis un an, avec notamment les succès continentaux des basketteurs et des handballeurs, ainsi que la victoire des footballeurs à la CHAN (l’équivalent de la CAN mais réservée aux joueurs qui évoluent dans leur pays). « Avant c’était fermé, maintenant on joue pour tout un peuple », lance Adel Chedli. Un peuple qui attend que son équipe nationale remporte une deuxième CAN, après celle conquise en 2004. Car en Tunisie, c’est désormais le vent de l’espoir qui souffle sur le pays.