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Les instances du football sur le gril

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Après l’attentat contre l’équipe du Togo vendredi dernier à Cabinda qui a coûté la vie à deux personnes, l’Angola, la CAF et la FIFA sont accusés d’avoir minimisé les risques.

La Confédération africaine de football (CAF) a-t-elle fait preuve de laxisme ? En laissant à l’Angola l’opportunité d’organiser une partie de la Coupe d’Afrique des Nations dans l’enclave de Cabinda, elle a en tout cas pris un risque énorme. Résultat, un bus transportant l’équipe du Togo s’est fait mitraillé lors de son passage sur le territoire séparatiste. Trois personnes sont mortes sous les balles.
Une tragédie qui aurait sans doute pu être évitée. Car la CAF connaissait parfaitement les risques d’attaque terroriste qui planaient sur la région. Dans un courrier envoyé à la FIFA en octobre, puis transmis à la CAF un mois plus tard, Jean-Claude Nzita, le président de la communauté cabindaise de Suisse les avait mis en garde. « On a essayé d’attirer l’attention du président Sepp Blatter en lui disant qu’au Cabinda il y avait une guerre, explique-t-il. On a manifesté devant le siège de la FIFA à Zurich. Ensuite, on leur a envoyé une lettre en leur disant que la tenue de la compétition à Cabinda constituait une provocation pour les habitants. Les risques étaient connus. Mais personne ne nous a écoutés. Aujourd’hui des frères togolais sont morts. Nous déplorons cette situation. L’Angola, la CAF et la FIFA sont tous responsables de ce qui est arrivé. »

« C’est la responsabilité du pays hôte de gérer ces questions »

Mardi, le président du comité d’organisation de la Coupe du Monde 2010, Danny Jordaan, avait déjà mis en cause les autorités angolaises. « Depuis combien de temps sait-on qu’il y a des groupes séparatistes en Angola ? Qu’il y a un risque d’attaques terroristes ? C’est la responsabilité du pays hôte de gérer ces questions », a asséné le responsable sud-africain. Chez les joueurs togolais aussi la colère et l’incompréhension domine. « Dans une zone à risques, on prend des précautions. On n’attend pas de savoir quand les rebelles vont sortir ou pas », s’agace l’attaquant Jonathan Ayité. « La plus grosse erreur est d’avoir a mis un groupe dans une zone aussi dangereuse », appuie son coach Hubert Velud. Sous le feu des critiques, la CAF n’a pour l’instant fait aucun commentaire.

Alexandre Jaquin avec Antoine Wargnier (RMC Sport)