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AS Minguettes : le retour aux sources de Luis

Luis Fernandez

Luis Fernandez - -

L’AS Vénissieux-Minguettes, tout premier club de Luis Fernandez, affronte Nancy en 8e de finale de la Coupe de France, ce mercredi (19h). L’occasion pour l’ancien international et membre éminent de la Dream Team RMC Sport de se rendre dans le quartier de son enfance, là où tout a commencé.

« Les Minguettes, c’est… les Minguettes ». Pas forcément parlant pour les non-initiés. Mais pour Luis Fernandez, qui a grandi dans le quartier, qui y a fait ses premières armes en tant que footballeur, ce nom résonne à la fois comme un point de départ, comme des souvenirs, des amitiés… Comme une tranche de vie à laquelle il doit beaucoup, lointaine et proche à la fois, ravivée à l’occasion d’un 8e de finale de Coupe de France, où son tout premier club, petit Poucet de la compétition, se retrouve sous les feux des projecteurs avant d’affronter Nancy. Pour une confrontation des extrêmes.

Pour lui, le retour dans ce quartier de la banlieue lyonnaise prend donc des allures de pèlerinage. « C’est un retour aux sources, confie-t-il. C’est mon enfance, c’est là où j’ai grandi. C’est un endroit qui a énormément compté pour moi. J’ai déjà eu l’occasion de revenir, mais pas assez souvent. Ça me fait chaud au cœur. J’attendais avec impatience qu’ils aient enfin la lumière sur eux ». L’émotion est donc palpable, au moment d’évoquer les après-midis à sécher la classe pour foncer sur le terrain, avec d’autres anciens de la maison comme Alim Ben Mabrouk, ancien international algérien, ou Alain Caveglia, ancien Lyonnais, plus jeune mais issu également de l’école (buissonnière) des Minguettes.

Fernandez : « Ma victoire, c’est leur victoire à eux »

« Je me rappelle, avec Luis et tous les autres, on ne pensait qu’à jouer au foot, raconte Ben Mabrouk. On passait notre temps sur le terrain et on allait voir l’Olympique Lyonnais s’entraîner au lieu d’aller à l’école. A tel point que Jodar, Di Nallo et Lacombe (anciennes gloires lyonnaises, ndlr) nous appelaient les corbeaux ». « On trouvait toujours des combines pour ne pas payer, surenchérit Luis Fernandez. La passion, c’est à ce moment-là qu’on l’a prise. Au quartier, toutes les communautés étaient réunies autour du football, et on avait tout le temps envie de se retrouver. »

Cette passion le conduira donc jusqu’au PSG et en équipe de France. Sans jamais oublier là où tout a commencé. « Ma victoire, c’est leur victoire à eux, poursuit-il. C’est aussi pour ça que je me suis accroché. J’avais envie de donner le maximum pour qu’ils soient fiers de moi. Ils étaient assez présents, je les sentais derrière moi. Vivre dans un quartier, ce n’est pas toujours facile, et quand tu arrives en haut, tu te dois d’être exemplaire, de montrer que tu as des valeurs ». L’AS Minguettes aura donc l’occasion de se rappeler à son bon souvenir mercredi, au Matmut Stadium de Vénissieux pour tenter de réaliser l’exploit de ces huitièmes de finale. Après quatre victoires aux tirs au but de rang, rien ne le leur interdit, à eux et à Luis, de continuer à rêver.

Alexis Toledano, avec Edward Jay