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Coupe de France: sans les supporters, la magie opère beaucoup moins

Alors que clubs professionnels et clubs amateurs se retrouvent lors des 16es de finale de la Coupe de France à partir de ce vendredi, l’engouement reste mesuré. Les huis clos gâchent ce qui faisait le piment de la compétition.

Pour les joueurs de Canet-en-Roussillon, club de National 2 (quatrième division), accueillir l’OM aurait dû être une fête. "C’est un tirage rêvé, reconnaît Sébastien Atlan, latéral gauche. Marseille suscite un engouement énorme partout en France, comme Paris." Mais cette année, l’attente est différente.

S’il se dit "hyper motivé", Diadié Diarra, défenseur, est frustré: "J’aurais trop aimé qu’il y ait du public… Je suis sûr qu’il y aurait eu des gens jusque derrière les grilles du stade! On est chez nous, mais sans trop être chez nous, vous voyez…". Au club, avec le huis-clos, on estime passer à côté "pas loin de 400.000 à 500.000 euros".

"Une semaine classique"

Ces regrets sur l’ambiance autour de la Coupe de France sont partagés par les joueurs du Red Star (National 1), opposés à Lens. "Bien sûr, c’est excitant de jouer une Ligue 1 à domicile. Mais ça n’a pas la même saveur… Quand on connaît les deux publics, on sait que ça aurait pu être une belle fête", regrette le capitaine Edouard Daillet. Alors que les joueurs sont très motivés par leur objectif de monter en Ligue 2, cette compétition relookée passe presque au second plan.

"C’est moins magique, confirme Steve Marlet, conseiller du président. Pas de supporters, une formule adaptée… Ça commence à venir mais ça n’a pas le même goût que d’habitude. Tu prépares ça comme une semaine classique."

Le Club Franciscain dans une bulle sanitaire

La préparation du match, elle, n’est pas classique pour les joueurs martiniquais du Club Franciscain (niveau R1). Ils ont passé la semaine précédant leur match coincés dans une bulle sanitaire, logés dans une résidence de Clairefontaine. "Depuis qu’on est entrés en salle d’embarquement, c’est prison, ironise le président Éric Littoré. Depuis l’aéroport à Paris, nous avons pris un car pour arriver ici et nous ne pouvons pas sortir du domaine. Mais nous l’acceptons et les joueurs sont très contents, ils ont de beaux terrains."

Tous les jours, ils foulent les pelouses d’entraînement des équipes de France. Une bouffée d’oxygène dans un quotidien répétitif. "On joue aux jeux de société, dominos, Playstation, Netflix", énumère Johnny Marajo, attaquant. Un changement radical pour ceux qui ont connu les épopées contre Nantes (2015) ou Tours (la saison passée): "On partait toujours faire une journée shopping à Paris et on pouvait voir nos familles en métropole", se souvient le défenseur Florian Narcissot.

D’habitude, certains Martiniquais se déplacent avec le groupe pour faire du bruit au stade. Cette fois, ils devront faire sans. Mais en cas de qualification, le président est sûr que la magie opérera. Au moins un peu: "Si nous passons à ce stade de la compétition, nous ne pouvons pas ne pas fêter entre nous", glisse-t-il dans un sourire.

Valentin Jamin