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Drancy chasse les clichés

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Qualifiée pour les 8e de finale de la Coupe de France pour la première fois de son histoire, la Jeanne d’Arc de Drancy sera opposée à Nice le 2 février. En Seine-Saint-Denis, département défavorisé et souvent vilipendé, le club de CFA est une cheville ouvrière de la politique sociale.

Seine-Saint-Denis, le « 9-3 ». Entre mauvaise réputation et stigmatisation. A Drancy, c’est encore le foot qui joue le rôle d’échappatoire et de meilleur représentant de ses 70 000 habitants. La Jeanne d’Arc (CFA) s’est imposée à Boulogne (Ligue 2) samedi (0-1) et recevra Nice (Ligue 1) le 2 février en 8e de finale de la Coupe de France, au stade Marville de La Courneuve. Les images de l’exploit sont passées en boucle à la télé. Mais l’étiquette 93 souvent accolée n’a pas plu.

« Ça nous a beaucoup dérangés », confirme Samir Bouziane, le directeur technique. Avant le voyage jusqu’à Inzinzac-Lochrist (CFA2), dans le Morbihan, la FFF avait même tiré la sonnette d’alarme. « Savoir qu’en Bretagne, ils ont reçu un courrier de la Fédération pour leur dire que le 93 était difficile, que les équipes du 93 avaient des supporters difficiles…, soupire ce salarié du club. Le président du club m’a ensuite envoyé un courrier pour me dire qu’il était très surpris et très heureux de la manière dont ça s’était passé. Il l’a fait savoir par écrit à la Fédération. »

Casques de MP3 et trompettes interdits

Dans le Pas-de-Calais, aucun incident n’a été souligné. Pourtant, « on n’a pas été super-bien accueilli », poursuit Bouziane. Les casques de MP3 et les trompettes étaient par exemple interdits pour les supporters de Drancy. Un excès de zèle que la Jeanne D’Arc peut comprendre. « Je me mets à leur place. On n’est pas à l’abri de deux ou trois débordements. Mais on avait tout prévu pour que ça se passe bien. On avait emmené les gamins et toutes les générations de Drancy. Ça allait de 7 à 77 ans. Il y avait 300 personnes. »

Au retour, la mairie (Nouveau Centre), consciente de l’apport de la Jeanne d’Arc, a salué ses héros, des joueurs brancardiers, commerciaux ou chômeurs. « On a un rôle social, confirme Samir Bouziane. Il y a beaucoup de monde qui s’identifie au club. A une période, le club avait une étiquette de club raciste. Ça a beaucoup changé. Socialement, aujourd’hui, on s’adapte et on travaille pour tout le monde. On fait de l’aide aux devoirs. On reçoit des gens qui font de la réparation pénale. » La Coupe de France est là pour faire rêver. Mais Drancy, « ce n’est pas que du football », conclut le dirigeant drancéen.

LP