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La froide colère de Vaulx-en-Velin

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Le petit club rhodanien de DH accueillera Jura Sud (CFA) ce samedi (18h) dans des conditions précaires. Ses dirigeants avaient pourtant tout prévu pour améliorer les infrastructures de leur modeste stade. Mais les tergiversations de la FFF ont eu raison de leur bonne volonté.

Mathias Galdéano a le regard noir ce jeudi matin. Le président de Vaulx-en-Velin (DH) vient de recevoir un coup de fil de la Fédération française de football. A trois jours d’affronter Jura Sud (CFA) en 32es de finale de Coupe de France, il attendait une réponse urgente pour lancer des travaux d’aménagement autour du stade Francisque-Jomard. Mais à Paris, la FFF n’a pas encore ouvert son dossier. Galdéano tombe des nues. Son projet ne verra pas le jour.
Furieux, vexé, le dirigeant rhodanien se sent méprisé. Et surtout impuissant. « On n’a pas le même poids qu’Aulas (le président de l’Olympique Lyonnais, ndlr). On ne peut pas monter au siège de la fédé pour lever la voix et obtenir ce qu’on veut », peste-t-il. Samedi (18h), son équipe disputera un 32e de finale de Coupe de France pour la deuxième fois de son histoire (après 1994). Un rendez-vous historique que Vaulx-en-Velin avait anticipé dès sa qualification au tour précédent…

Le 17 décembre, au cours d’une réunion, la mairie propose d’installer des gradins supplémentaires pour la rencontre. Avec l’accord de la commission de sécurité, trois nouvelles tribunes, en plus de celle déjà existante (350 places), sont dressées autour du terrain. Une manière de renforcer le confort et la sécurité des spectateurs en augmentant le nombre de places assises (1000 places).
Mais jeudi dernier, à 48h du match, la FFF, qui ne s’était pas déplacée lors de la réunion, décide que ces tribunes sont trop dangereuses… Sans même les avoir vues ! Il faut trois jours pour les enlever. Le match est donc reporté d’une semaine. « On avait ficelé tout cela. On était prêts, enrage Fabrice Ferreres, le trésorier du club. Finalement, du jour au lendemain, on nous dit que tout ce qu’on a mis en place n’a plus aucune utilité. C’est dur. »

« On nous empêche de faire la fête »

D’autant plus dur que Vaulx-en-Velin n’aurait pas vendu plus que les 1499 billets initialement prévus. « On n’a jamais cherché à gagner de l’argent supplémentaire, assure Galdéano. On voulait juste que les spectateurs puissent être à l’aise pour suivre la rencontre. » Devant la déception qui règne dans l’Est de la banlieue lyonnaise, un entrepreneur local, spécialisé dans le béton (ICBTP), prend alors les choses en main. Il propose d’installer un système de dalles afin de créer des mini-rangées, toutes surélevées les unes par rapport aux autres, autour du terrain. De cette manière, les spectateurs pourront suivre la rencontre sans être agglutinés derrière les grillages. L’opération peut être réalisée en trois jours. L’espoir renaît. Jusqu’à ce fameux coup de fil de la FFF qui plombe à nouveau l’ambiance…

« Il y a un sentiment de gâchis, déplore Galdéano. On nous empêche de faire la fête. Les gens vont être dans la boue au bord du terrain. » Le président est également inquiet pour la sécurité des supporters. « A ce niveau là, on ne pouvait pas faire pire », souffle-t-il. Seul rayon de soleil, les dalles seront tout de même installées dans les prochaines semaines. Coût des travaux : 100 000 euros, offert par le généreux sponsor. Mais la Coupe de France sera peut-être déjà loin…

Alexandre Jaquin avec Edward Jay, à Vaulx-en-Velin