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Le Mans, c’est flou

MMArena

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Seulement de 17e de Ligue 2, le club manceau, qui vient de changer d’entraîneur, nage en eaux troubles avant de recevoir Valenciennes ce vendredi (20h30) en 32e de finale de la Coupe de France. Les ambitions qui accompagnaient la construction du MMArena, inauguré il y a près d’un an, sont pour le moment paralysées par les errements sportifs.

En catimini. En profitant de l’énorme appel d’air provoqué par le PSG et sa décision de renvoyer Antoine Kombouaré. Le 22 décembre, quand Henri Legarda annonce le licenciement d’Arnaud Cormier, son entraîneur, les phares de l’actualité sportive sont tous braqués sur la capitale et le sort du Mans, 17e de Ligue 2 à la trêve, n’est alors qu’anecdotique. Une question d’échelle, entre un club appelé à devenir un cador européen et un autre qui végète dans l’antichambre. Loin, très loin, du statut de future valeur sûre de Ligue 1 et de top 50 européen qui accompagnait Le Mans il y a quelques années avec le projet du nouveau stade. Le MMArena, premier stade à porter le nom d’une société, est sorti de terre il y a près d’un an. Il devait être un modèle de développement : il sonne terriblement creux.

Cette saison, la moyenne de spectateurs est de 7 462. Elle vaut au Mans FC, ex-MUC 72, le 12e rang dans ce domaine en Ligue 2. Ce sont donc 17 000 places environ qui sont vides, sur une capacité totale de 25 064, à chaque match. « Nous sommes fiers de ce nouveau stade, du centre d’entraînement, qui est aussi remarquable, explique Daniel Jeandupeux, le conseiller du président, parfaitement conscient du problème. Mais c’est sûr que quand on se concentre sur autre chose, on n’est peut-être plus aussi performant sur le plan sportif. » En échouant au printemps 2011 pour la remontée en Ligue 1, le club manceau a subi un sérieux contrecoup. Il a fallu vendre, alléger la masse salariale, réduire la voilure, pour garantir la viabilité de l’ensemble.

Un ex-responsable de la formation aux manettes

Mais Henri Legarda hausse le ton quand les attaques sur les errements sportifs le ciblent. « Il vaut mieux avoir des bases solides pour reconstruire, assure le président. On a tout pour réussir. On se concentre maintenant sur le sportif. On a une dizaine de jeunes qui sont internationaux. J’ai vendu des joueurs, en sept ans, pour 50 millions d’euros. Et entre les achats, les primes, les prolongations, j’ai dépensé pour 56 millions. » C’est désormais Denis Zanko, ex-responsable du centre de formation, qui devra redresser la barre en Ligue 2 et éviter le pire, une descente en National. Le 32e de finale de Coupe de France, ce vendredi contre Valenciennes (20h30), n’apparait pas dès lors comme une priorité. « Ça fait 43 ans que je suis dans les affaires, tonne Henri Legarda. Si je n’avais connu que des hauts, il y a longtemps que je serais en train de me faire bronzer toute l’année sous les palmiers. » Le soleil reviendra-t-il dans les prochaines années sur Le Mans ?

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MMA toujours motivé |||

Les difficultés sportives du Mans n’ont pas remis en question, pour le moment, la stratégie de la première entreprise à avoir accolé son nom à un stade de foot en France. « Je préfère investir sur du béton que sur du coton, explique Christian Baudon, le directeur général de MMA. Il est certain que si le club résidant est en Ligue 1, c’est mieux que s’il est en National. Mais pour nous, ça ne change pas grand-chose. Nous avons un engagement de 10 ans. Nous versons 1 million d’euros par an (à la société concessionnaire, une filiale de Vinci, ndlr). Il s’agit pour nous d’avoir un gigantesque panneau publicitaire permanent. MMA n’a absolument aucun engagement contractuel à l’égard du club. Mais s’il s’agissait de jouer contre l’OM, l’OL et le PSG, la notoriété et la médiatisation seraient plus importantes qu’en Ligue 2. »