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Marck tient la barre dans la tourmente

Eric Vercoutre

Eric Vercoutre - -

A quelques heures de leur défi face à Nice (16h30) en 32e de finale de la Coupe de France, les dirigeants de l’US Marck (CFA2) auront également la tête à l’avenir de la compagnie maritime SeaFrance, dont certains joueurs sont des employés. Même si l’ambiance est tout sauf sereine sur place…

En temps de crise, il est de bon ton de parler d’une seule et même voix. Et de rester unis. Cette idée a dû se perdre dans le Pas-de-Calais, près des bateaux de SeaFrance. Car ce n’est plus un groupe soudé qui tente de sauver la compagnie maritime, filiale de la SNCF, au bord du précipice. Mais plutôt un vaste maelström dans lequel chaque partie tente de défendre son point de vue. D’un côté, la CFDT Maritime Nord, qui souhaite sauver l’entreprise par un projet de SCOP (société coopérative ouvrière de production). De l’autre, une centaine de salariés non syndiqués, persuadée de la liquidation prochaine de SeaFrance, pas convaincue par la SCOP et qui milite pour une reprise par le biais des groupes Louis Dreyfus Armateurs et DFDS, associés pour l’occasion.

Entre les deux, la CFDT nationale et la Fédération générale des transports-équipements. La centrale syndicale déplore la rigidité de sa filiale… et l’accuse carrément d’avoir recouru à des pratiques frauduleuses en matière de recrutement. « Si des preuves sont apportées, je démissionnerai », tonne le secrétaire général de la CFDT Maritime Nord, Didier Cappelle. Le rapport avec le foot, nous direz-vous ?

« Il ne faut pas mélanger le sport et le boulot »

Didier Cappelle n’est pas que le secrétaire général de la CFDT Maritime Nord. Il est aussi le président de l’US Marck, opposé ce samedi (16h30) à l’OGC Nice en 32e de finale de la Coupe de France. Un club de CFA 2 qui compte en son sein deux autres éléments de SeaFrance : Eric Vercoutre, entraîneur et représentant général de la CFDT sur place, et Peter Merlen, un des derniers à évoluer au sein de l’entreprise. « Avant, on était plusieurs salariés, une vingtaine, raconte le milieu défensif. Malheureusement, je suis désormais le seul. »

Ils sont donc trois à devoir jongler entre un rêve national, briller le plus longtemps possible en Coupe de France avec leur club de l’US Marck, et un impératif immédiat : sauver leur entreprise et ses 880 emplois. Ce vendredi, la CFDT Maritime Nord a déposé son dossier de reprise au tribunal de commerce de Paris. Lundi, le verdict sera rendu. Entre-temps, l’attente. Interminable. Et le choc à vivre contre Nice. « On a su se préparer, assure Merlen. On n’a pas tout mélangé, même si ça n’a pas été facile. » Lui assure que le groupe n’est pas perturbé par ce qui se passe autour d’eux. « Il ne faut pas mélanger le sport et le boulot », poursuit le milieu de terrain. Avant de lâcher tout de même en conclusion. « Mais le plus gros combat, ce sera de gagner notre plan ‘Scop’ lundi devant le tribunal de commerce pour sauver la SeaFrance. » C’est sûrement là, bien plus qu’au stade de l’Epopée de Calais, que l’exploit est attendu.