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Plabennec, village d’irréductibles Bretons

Plabennec

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Coup de gueule contre la programmation des 16es de finale de la Coupe de France, habileté à faire déjouer les gros de Ligue 1, débrouillardise : l’adversaire de Lille ce jeudi (20h55) n’est pas du genre à se laisser compter.

Un cri dans la nuit. Ou plutôt dans le cas présent, un vrai coup de gueule sur la Toile. Peu après l’officialisation de la programmation des 16es de finale de la Coupe de France, Jean-Michel Abiven s’est assis devant son ordinateur. Direction Facebook et la page du club de Plabennec. Histoire de laisser éclater au grand jour son profond mécontentement. « Nous avons appris ce soir (lundi 7 janvier, ndlr) que notre match était programmé le mercredi à 17 heures! Vous devriez avoir honte. Qui peut aller voir un match de foot un mercredi à 17 heures ? Notre stade ne sera même pas rempli, et nous, les joueurs, nous travaillons tous! La Coupe de France pour le monde amateur? C’est ça oui, tout pour les pros, on les protège au maximum. Vous brisez notre rêve ! Je ne vous remercie pas. »

Le capitaine et buteur de la formation de CFA, opposée en 16e de finale à Lille, s’en va en guerre contre les « grands méchants » du football professionnel, dirigeants et diffuseurs compris. Et son message finit par passer. La Fédération Française de football entend ses mots et fait reprogrammer la rencontre au jeudi 24 janvier (20h55).

Lille est prévenu

« J’ai posté le message le lundi soir et le mardi, j’ai passé ma journée au téléphone, devant les caméras ou la radio, raconte Abiven. Je me suis fait allumer évidemment, mais tout le monde est content que les choses aient bougé et de pouvoir jouer dans de bonnes conditions. » Bousculer les codes, la hiérarchie, l’ordre établi. Une spécialité maison du côté de Plabennec. « C’est aussi dû au fait qu’ici, on est au bout du monde, poursuit le capitaine de Plabennec. Pour tout ce qui est sponsor, c’est compliqué pour nous avec Brest, qui est juste à côté. Alors il faut recruter malin. Par exemple, tous nos joueurs sont issus du Finistère. »

Une forte appartenance locale, pour un club qui s’est fait un nom sur la carte de France du football il y a trois ans. « On avait battu des clubs de Ligue 1 comme Nice ou Nancy au Stade Marcel Picot, se souvient encore l’ancien président Hervé Foll, aujourd’hui en charge du sponsoring du club. On s’était fait battre par Auxerre en 8e de finale. C’est dans le tempérament breton de montrer qu’on existe, qu’on essaie de faire les choses aussi bien qu’ailleurs. On aime bien aller jusqu’au bout. » Lille est prévenu.

A.D avec PYL