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PSG : comment perdre du crédit en une leçon…

Javier Pastore

Javier Pastore - -

Indigent face à Evian TG, le PSG a déçu autant qu’énervé ses propres supporters ainsi que les observateurs avec son élimination en quarts de finale de la Coupe de France. Le Carré Magique de Luis Attaque n’est pas en reste…

Mercredi, 23h32. Zlatan Ibrahimovic pose son ballon au point de penalty. Recule de quelques pas. Défie Bertrand Laquait avant de s’élancer… et de voir sa tentative repoussée par le portier d’Evian-Thonon-Gaillard. Deux minutes plus tard, c’est le bruit de la transversale, heurtée par le tir de Thiago Silva, qui résonne dans les travées du Parc des Sports d’Annecy. En 120 secondes, les deux leaders du PSG ont failli et plongé, bien avant le tir au but victorieux de Cédric Barbosa, leur équipe dans le noir. Panne de courant chez les joueurs de Carlo Ancelotti. Et grosse faute professionnelle surtout, de leur part, ce qu’a immédiatement stigmatisé leur entraîneur.

« On peut perdre un match. Mais nous n’avons pas eu de concentration, de caractère. Une semaine est passée depuis le Barça, seulement, et la suffisance est arrivée. Ce soir (mercredi), c’était un désastre » a lâché en conférence de presse le technicien italien, conscient d’avoir vu « le pire match » de son équipe et « désolé » auprès des supporters parisiens du spectacle affiché. Car c’est bien là que le bât blesse pour Paris. Une semaine après avoir ravi l’Europe toute entière en tenant tête au Barça, le PSG a dilapidé tout son crédit en 120 minutes en Haute-Savoie. « Ce que Paris a montré en Catalogne, il l’a perdu devant Evian », relève Luis Fernandez.

« Le contraste est terrible, note Grégory Coupet. Celui d’avoir été aussi extraordinaire et flamboyant à Barcelone, de se retrouver face à Evian et de donner une partition aussi terne. » Idéalement lancé par Pastore, Paris a peut-être cru, pour son ancien entraîneur, avoir remporté son quart de finale… après huit minutes de jeu. « Le PSG a pensé, en marquant ce but assez rapidement, qu’il allait pouvoir gérer et se rendre le match facile » déplore Luis Fernandez. « D’autant plus qu’Evian n’a pas fait son meilleur match de la saison, n’a pas été exceptionnel au point que ça ait été dur pour le PSG », juge l’ancien Parisien Ali Benarbia, déçu, comme ses autres compères du Carré Magique, de la suffisance parisienne. Et aussi du manque d’émotion des Parisiens pour la Coupe, à commencer par l’Argentin Javier Pastore.

Coupet : « Les joueurs ne se respectent pas entre eux »

« Il marque un superbe but, rappelle Grégory Coupet. Il y a de quoi être heureux. Là, on dirait que c’est un exploit totalement banal. On a senti qu’il n’y avait pas de passion. » Ni de remise en question. Coupet toujours : « Les Parisiens ne se préoccupent pas de l’adversaire. Ils ne voulaient jouer que sur leur talent contre Evian. Quelque part, ils ne se respectent pas entre eux. C’est là qu’il leur manque des leaders, capables de dire ‘‘hé les gars, on est là pour gagner’’. Ils ont aussi besoin de grandir. Ils sont peut-être des stars sur la scène européenne. Mais si tu ne l’es pas sur la scène nationale, ce n’est pas bon. Tu t’appelles le PSG. Il reste Bordeaux, Troyes, Evian... En principe, tu ne dois avoir peur de personne. Mais encore moins là. Paris doit encore évoluer sur la mentalité. »

Un reproche déjà attribué au club de la capitale lors de sa sortie de route à Reims, le 2 mars (1-0, 27e journée de Ligue 1). Leonardo avait répondu en affirmant que son équipe était plus taillée pour l’Europe. Un mois et demi plus tard, difficile de donner tort au directeur sportif parisien. « Leonardo avait raison. Il a recruté pour l’Europe, confie Luis Fernandez. Il n’a pas recruté un groupe suffisamment fort mentalement pour jouer toutes les compétitions à fond. » A l’image d’un Ibra transparent face aux Savoyards. Ou d’un Thiago Silva toujours aussi fort dans son registre mais déjà maladroit à deux reprises en Coupes nationales. La solution ? Sortir le carnet de chèques. Ou rappeler à ce groupe talentueux mais bipolaire qu’il n’a toujours pas remporté le moindre trophée.

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Ibra de mauvaise humeur…|||

Ils étaient une bonne vingtaine à faire le pied de grue, ce jeudi, devant la sortie du parking du Camp des Loges, dans l’espoir d’attraper une photo ou un autographe. Bref, une image habituelle du PSG cette saison, tant et si bien qu’on en oublierait presque l’élimination des Parisiens la veille par Evian TG en quarts de finale de la Coupe de France. « Je ne suis pas déçu. Le plus important, c’est le championnat, estime Gabriel, un supporter. La Coupe de France, on l’a gagné plein de fois. On a toujours tendance à être impatient alors que c’est déjà très bien ce que l’on fait. » Comme cet étudiant, le public parisien a déjà tourné la page Coupe. Même s’ils n’ont pas tout digéré. « L’attitude n’a pas été bonne. Il y a des joueurs qui m’ont saoulé, lâche pour sa part Anthony. Ibrahimovic a marqué plein de buts, c’est vrai. Mais il était insupportable hier soir (mercredi). » Et de mauvaise humeur le lendemain, comme le vigile du Camp l’a rappelé aux supporters en quête d’un signe du géant suédois… qui a zappé le jeu des dédicaces. Pas Jallet, Sakho, van der Wiel ni Thiago Silva, qui s’y sont prêtés de bon cœur. Histoire de soigner une image écornée mercredi.

A.D.