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Sertic, la Coupe à l’arrière-goût croate

Bordeaux - Grégory Sertic

Bordeaux - Grégory Sertic - -

Avant la demi-finale de la Coupe de France à Troyes, mardi soir au stade de l’Aube (20h55), le milieu de terrain bordelais Grégory Sertic a annoncé sa décision de défendre les couleurs de la Croatie. Il attend désormais une première convocation.

« On ne sait pas ce qui peut arriver. Mardi, Troyes, ça peut-être le Barça ! » Si le milieu de terrain bordelais Grégory Sertic ose l’improbable comparaison, c’est qu’il prend très au sérieux le déplacement chez le 19e du championnat, en demi-finale de la Coupe de France (20h55). Et pour cause. A seulement 23 ans, Sertic a déjà tout gagné sur la scène nationale sauf… la Coupe de France. « J’ai gagné un titre de champion (2009), la Coupe de la Ligue (2009), le Trophée des champions (2008, 2009), il ne me manque plus que ce trophée, confirme l’intéressé. En plus, cela fait longtemps que le club ne l’a pas gagnée (26 ans, ndlr). C’est une belle opportunité. Il ne faut pas se rater. »

Flamber en Coupe avec Bordeaux, c’est aussi marquer des points en vue d’une première sélection avec la Croatie. Car le talentueux Girondin a tranché. Tiraillé entre les Bleus et la Croatie, le pays dont est originaire son père, Sertic a choisi de défendre les couleurs de la sélection au damier rouge et blanc. « C’est officiel, tous les papiers ont été envoyés à la Fifa pour me permettre d’avoir les deux passeports, explique-t-il. J’attends juste la petite convocation… »

Une chanson en croate ?

Celle-ci pourrait tomber vite. Le milieu de terrain s’imagine très bien à Zagreb le 7 juin prochain pour affronter l’Ecosse, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde (la Croatie est 2e du groupe A). Devant sa famille, évidement. « J’espère y être », dit-il prudemment. Mais Sertic a de bonnes raisons d’espérer. Le Bordelais qui réalise de très loin sa meilleure saison sous le maillot des Girondins a déjà rencontré Igor Stimac, le sélectionneur croate, et les membres de la Fédération. « J’ai vraiment vu leur envie de m’avoir avec eux dans leur projet », assure Sertic.

Pourtant, même si le joueur retourne très régulièrement en Croatie, notamment à Rovinj, le village d’origine de son grand-père, et même s’il prend régulièrement des cours de croate, sa possible convocation avec la sélection fait grincer quelques dents. « En Croatie, on me reproche d’être là que pour la Coupe du monde au Brésil, reconnait Sertic. Mais c’est un projet à long terme. J’ai 23 ans, je vois le futur avec la sélection. »

Que les Croates soient donc rassurées. A l’instar de son partenaire Ludovic Obraniak, devenu l’un des piliers de la sélection polonaise il y a deux ans, Grégory Sertic ne voit plus qu’à travers la sélection croate. « Quand un étranger arrive, il faut qu’il s’imprègne des traditions, qu’il apprenne la langue, qu’il connaisse un peu le pays. C’est ce que je vais dire à mes partenaires, peut-être dans mon premier discours. Je leur ferai une petite chanson en croate. » Une façon comme une autre de séduire les derniers sceptiques.

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