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Tigana : « La plus grosse désillusion de ma carrière d’entraîneur »

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L’entraîneur de Bordeaux ne cachait pas son abattement après l’élimination de son équipe à Angers (1-0) en 16e de finale de la Coupe de France. Au point de laisser planer quelques doutes sur son avenir en Gironde.

Jean Tigana, que vous inspire cette élimination contre Angers, une équipe de L2 ?

Depuis dix-sept ans que j’entraîne, c’est la plus grosse désillusion de ma carrière. C’est très dur à digérer. A tous les niveaux. Il va falloir analyser le pourquoi de ce comportement, de ce manque d’engagement. Il doit y avoir des raisons. Il faut se poser tranquillement et y réfléchir. Pourquoi en est-on arrivé à cette situation ? C’est la question qu’il faut se poser alors qu’on était prévenu en préparant le match.

On vous sent abattu…

C’est normal. Je suis comme les supporters. Certains ont fait des centaines de kilomètres en bus pour venir. On ne leur a pas proposé une belle copie. Comme eux, je suis déçu.

Avez-vous le sentiment d’avoir été lâché par vos joueurs ?

Je n’irai pas jusque là. Il faut analyser la situation calmement. On va prendre du recul et beaucoup discuter ce week-end. Est-ce que j’ai envie de continuer ? A titre personnel, ce soir, je suis abattu. On verra demain (dimanche). Mais je ne lâche jamais. Il faut qu’on arrive à remobiliser tout le monde. Il ne reste plus que le championnat et un match contre Nice qui va être assez compliqué (dimanche 30 janvier).

Redoutiez-vous qu’un tel scenario puisse arriver ?

Oui, beaucoup d’équipes de Ligue 1 se font éliminer comme ça.

L’affaire Maazou a-t-elle pu avoir une influence sur ce match ou sur la préparation ?

Non. Ça s’est passé vendredi. Dans le monde du football, si une affaire comme celle-là avait des répercussions sur le résultat, ce serait très grave.

Le titre de l'encadré ici

Et Bordeaux coula…|||

Logiquement éliminée par Angers (1-0) en 16e de finale de la Coupe de France, l’équipe girondine a touché le fond. Les joueurs assument, le président Triaud est « abasourdi ». 

Il n’y a pas eu photo ce samedi au stade Jean-Bouin entre le 15e de Ligue 2 et le 10e de Ligue 1. Victorieux grâce à un but de Renouard après une belle action collective (65e), Angers a logiquement dominé une équipe bordelaise en manque… de tout. « On est inoffensif, constate Alou Diarra, dépité. On n’arrive pas à mettre en danger une équipe comme Angers. Il faut changer beaucoup de choses. Les coupables, ce sont les joueurs et non l’entraîneur. Il faudrait qu’on assume un peu sur le terrain. »

Absents dans tous les secteurs de jeu, les joueurs de Jean Tigana ont toujours semblé impuissants face aux Angevins. Décevants dans le jeu et dans l’état d’esprit, ils ont provoqué la colère de leur président Jean-Louis Triaud : « Je suis abasourdi par tant de carences et de médiocrité », a soufflé le patron aquitain. Une colère qui contrastait avec la joie angevine : « Je suis très heureux pour les supporters, confie Jean-Louis Garcia, le coach d’Angers. On a pris le match comme il le fallait. J’ai eu le sentiment qu’on a pris les Bordelais là où ils ne nous attendaient pas, c'est-à-dire dans le jeu rapide et au sol. Ça me rend fier. » Tout le monde ne peut pas en dire autant.