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Galtier : « On rentre dans l’histoire »

Christophe Galtier

Christophe Galtier - -

Très ému de la victoire de Saint-Etienne sur Rennes en finale de la Coupe de la Ligue (1-0), ce samedi au Stade de France, l’entraîneur des Verts se dit fier d’avoir de nouveau garni le palmarès du légendaire club stéphanois, 32 ans après son dernier titre.

Il a d’abord tenu à exprimer sa joie, immense. Avant la première question de la conférence de presse consécutive à la victoire de Saint-Etienne sur Rennes (1-0) en finale de la Coupe de la Ligue, ce samedi soir au Stade de France, Christophe Galtier s’est lâché devant les journalistes, très ému : « C’est beau de voir les gens heureux, lance le coach des Verts. Ce qu’on fait les joueurs, qui sont plus qu’agréables à manager, je l’apprécie fortement. Avant de venir, j’ai croisé énormément de gens avec les larmes aux yeux. Beaucoup de sourires, beaucoup de joie. Et ça, c’est sûrement la plus belle chose que l’on peut vivre quand on est entraîneur. Je suis heureux, vous ne pouvez pas imaginer. »

Christophe, on a l’impression que ce succès représente plus qu’une victoire au Stade de France en Coupe de la Ligue pour Saint-Etienne…

Oui. La symbolique des Verts existe. Avant l’échauffement et au coup d’envoi, on a vu l’engouement autour de ce maillot et de ce club. Il est dû à ce qu’ont pu faire nos aînés. Mais il fallait être à la hauteur du rendez-vous. Et on l’a été. J’avais souhaité qu’on intègre la possibilité de perdre à la préparation de ce match. Il fallait tout envisager. Mais il fallait surtout être présent au rendez-vous, vouloir jouer cette finale, pouvoir la jouer sans aucune retenue, avec beaucoup de générosité, ce qui nous caractérise cette saison. Le groupe a été à l’image de ce qu’il est depuis un certain moment et ça nous a souri. C’était un parcours difficile mais on est arrivé au bout, on a soulevé ce trophée. On va rajouter une ligne au palmarès, on va ouvrir une vitrine et déposer dedans ce beau trophée que Saint-Etienne n’avait jamais gagné. On rentre dans l’histoire, c’est bien.

Qu’est-ce qui a fait la différence ?

Le mental. Assumer la pression du statut de favori. Il fallait digérer rapidement la défaite de mardi face à Lorient (en quart de finale de la Coupe de France, ndlr). On a su le faire. Si on a pu tenir jusqu’au bout avec un but d’écart, on aurait pu peut-être aggraver la marque à un certain moment. Mais eux aussi auraient pu marquer. C’est aussi parce que l’ensemble du staff technique et médical a énormément travaillé entre le match de Lorient et ce soir (samedi). Il y avait une priorité cette semaine et on s’y est tenu en équilibrant au mieux les temps de jeu pour que les joueurs présents ce soir sur la pelouse soient pleins d’énergie et généreux comme ils le sont depuis le début de la saison. On a su être nous et ça, c’est bien. Depuis que je suis responsable de l’équipe, on n’a jamais été nous dans les derbys. On a été nous-mêmes face à des grosses équipes, comme Paris, et dans des rendez-vous importants comme ce soir. J’ose espérer qu’on le sera encore lors des prochains matches car notre saison n’est pas terminée. Si certains pensent que ça va s’arrêter là, ce n’est pas le cas. Je suis déterminé, sur les six derniers matches, à rajouter quelque chose à cette saison déjà belle avec ce trophée.

Quand vous avez pris le club en main, les Verts n’étaient pas au mieux en L1. Imaginiez-vous alors vivre des moments comme cette victoire en Coupe de la Ligue ?

Non… Je ne savais pas combien de temps j’allais durer. C’était normal, j’avais très peu d’expérience comme responsable d’équipe. Mais à force de travail et de réflexion, à force d’améliorer le staff et le groupe mois après mois, en créant une bonne ambiance de travail avec des objectifs à la hauteur de nos moyens, on y est arrivé petit à petit. Mais il ne faut pas penser que c’est une fin en soi. C’est un beau trophée mais j’ose espérer que ce sera le début d’un renouveau. Nos supporters, nombreux en France, ont besoin de ça pour vibrer. Je suis arrivé au club en novembre 2008 avec Alain Perrin et j’ai toujours dit que les Français étaient attachés à ce club et à ses couleurs. Quand vous avez le bonheur et la joie de travailler pour ce maillot, il faut savoir l’apprécier, avoir beaucoup d’énergie car ça vous en pompe, mais de là à dire que trois ans et demi après on en serait là… J’avais dit que c’était une anomalie que ce club ne connaisse pas le Stade de France. On l’a fait et il fallait conclure. On y est arrivé.

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Propos recueillis par Rodolphe Massé