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Allemagne : les secrets de la réussite

Lukas Podolski et Miroslav Klose

Lukas Podolski et Miroslav Klose - -

La présence de l’Allemagne en demi-finale du Mondial sud-africain est le fruit d’une politique de développement savamment étudiée outre-Rhin. Décryptage.

Une politique de formation payante
Avec une moyenne d’âge à peine inférieure à 25 ans, jamais l’Allemagne n’avait présenté une équipe aussi jeune en Coupe du monde. La réussite allemande, c’est aussi celle de la jeunesse et de la formation. Un travail de reconstruction autour du championnat et de la sélection entamé dès 1998 et l’élimination en quart de finale contre la Croatie (0-3). A 20 ans, Thomas Müller (4 buts) symbolise cette génération. « Il y a un an, il jouait en quatrième division, rappelle Valérien Ismaël, ancien joueur de Bundesliga et spécialiste du football allemand. Tous les joueurs de l’équipe jouent en Allemagne. » Joachim Löw n’hésite pas à s’appuyer sur la Bundesliga pour bâtir son équipe. « On y joue intelligemment, on respecte le travail, glisse-t-il. Et le Bayern a quand même joué la finale de la Ligue des champions ! »

Une équipe « multikulti » exemplaire
La Nationalmannschaft fait preuve d’un esprit d’équipe qui rendrait jaloux plus d’un supporter des Bleus. « Il y a une nouvelle identité dans cette équipe, analyse Ismaël. Ce qui fait sa force, c’est qu’elle est composée de joueurs d’origine étrangère, comme Özil, Boateng ou Cacau. » Une équipe « multikulti » qui a aujourd’hui séduit l’ensemble des Allemands. D’abord contestés, les choix de Joachim Löw font désormais l’unanimité. Malgré une saison délicate en club, Lukas Podolski et Miroslav Klose, tous deux d’origine polonaise, brillent en Afrique du Sud sous le maillot blanc. Comme s’ils rendaient à leur entraîneur la confiance accordée.

Un engouement populaire inégalé
L’organisation de la Coupe du monde 2006 est une étape fondamentale dans le renouveau allemand. Le succès populaire du tournoi est allé de pair avec la construction ou la rénovation de stades ultramodernes, où le public se presse désormais à chaque match de championnat. L’engouement autour de la Nationalmannschaft n’est que le prolongement de la fête vécue sur les terrains de Bundesliga. « En Allemagne, le mouvement patriotique est très important cette année, souligne Ismaël. Ils étaient presque un million de spectateurs dans les rues de Berlin pour suivre le match contre l’Argentine ! »

La révolution Löw
« Cette équipe, c’est son œuvre : il a apposé sa marque de fabrique et en a fait une équipe parfaite. » Franz Beckenbauer a souvent la critique facile. Les louanges qu’il dresse à l’égard de Joachim Löw n’en sont que plus révélatrices de l’aura du sélectionneur allemand outre-Rhin. « C’est un entraîneur très assidu, très intelligent et très fort tactiquement », confie Valérian Ismaël. En 2006, alors qu’il est l’adjoint de Jürgen Klinnsman, c’est déjà lui qui tire les ficelles et qui emmène l’Allemagne jusqu’en demi-finale. Pour sa première compétition avec les pleins pouvoirs, en 2008, il atteint la finale. Une victoire cette année serait dans la continuité du travail qu’il a déjà accompli. Grâce à son charisme, Löw a mis en place un système tactique précis, offensif et dynamique. Sans aucun doute le jeu le plus agréable à regarder des 32 équipes engagées.

C.Z.