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Bini : « Nous ne sommes pas embêtés »

Bruno Bini

Bruno Bini - -

Bruno Bini se prépare avec ses « filles » à affronter le Nigeria ce dimanche pour le premier match de la Coupe du monde allemande. Le sélectionneur de l’équipe de France féminine regrette le manque d’intérêt médiatique autour de son équipe.

Bruno, ressentez-vous un changement autour de l’équipe de France féminine ?

Il y a une chose qui change : c’est la pression médiatique. Même s’il y a un peu de monde aujourd’hui (ndlr : mardi, jour de la conférence de presse), cela n’a rien à voir avec ce qu’il peut y avoir avec l’équipe de France masculine. Pour un entraîneur, c’est fantastique de participer à une Coupe du monde. Nous ne sommes pas embêtés. Le Président de la République n’est pas venu nous voir pour nous souhaiter bonne chance. Ni la ministre des sports. Nous sommes tranquilles.

Quelles sont les principales différences avec le football masculin ?

Déjà au niveau du jeu, le ballon reste plus dans l’aire du jeu. Quand notre toubib et notre kiné rentrent sur le terrain, on se dit qu’il y a un vrai problème. Sinon, les filles se relèvent tout de suite. Vous verrez rarement dix joueuses entourant un arbitre pour contester. Au niveau de mon équipe, les filles ne pensent qu’à jouer. J’ai l’habitude de dire : ‘‘même si on se moque de moi, la qualité numéro un de l’équipe de France féminine c’est le sourire dans la vie et sur le terrain’’.

« Mais où sommes nous ? »

Vous-souvenez-vous d’une anecdote particulière sur un match des Bleues ?

Nous avions un match important contre la Norvège (ndlr : lors de l’Euro 2009). Si on fait match nul ou si on gagne, on passe pour la première fois les quarts de finale. Il y avait une conférence de presse obligatoire avant le match, mais j’ai eu un grand moment de solitude, car j’étais tout seul avec ma capitaine (ndlr : Sonia Bompastor). Il n’y avait aucun journaliste français accrédité. En réalité, il n’y avait qu’une seule demoiselle d’uefa.com qui par gentillesse m’a posé une question. Je me suis dit mais où nous sommes ? Ce sont des choses qui font mal et qui ne s’oublient pas.