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Brésil-Belgique: Quand Willian parlait russe

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En 2013, Willian a effectué une courte pige de six mois dans le championnat russe, à l’Anzhi Makhatchkala, cette équipe du Daghestan boostée pendant deux ans par le milliardaire, Suleyman Kerimov. Cinq après, l’ailier redécouvre le pays avec le Brésil, qui affronte la Belgique en quart de Coupe du monde (20h).

Titulaire avec la Seleçao depuis le début de la Coupe du monde, Willian s’est bien adapté à l’atmosphère russe, et pour cause. Il l’a déjà connue en 2013 lors de sa courte aventure en Premier League russe. Un passage aussi furtif qu’ubuesque dans cette équipe du Daghestan (presque) montée de toutes pièces (elle existe en fait depuis 1991) par le milliardaire, Suleyman Kerimov, qui l'avait reprise en main en 2011. Désireux d'en faire une référence du football européen, il avait recruté Roberto Carlos, Samuel Eto’o (et ses 20 millions d’euros de salaire annuel) et Lassana Diarra, entre autres, et l’entraîneur Guus Hiddink.

L’Anzhi grille la Premier League

Willian sortait alors de six saisons étincelantes avec le Shakhtar Donetsk, un titre en Coupe UEFA en poche (2009). Le Brésilien avait alors 24 ans, le vent en poupe, et des envies d’ailleurs, pour passer un cap. Les clubs de Premier League s’étaient penchés sur son cas, dont Chelsea et Tottenham qui avaient tardé à formuler leurs propositions. Un peu trop même.

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Alors engagé dans un processus de starification, l’Anzhi Makhatchkala avait arraché la signature de la pépite brésilienne en février 2013. Pour le passage de cap, on repassera. L’ailier avait paraphé un "contrat longue durée" après que l’Anzhi s’était acquitté des 35 millions d’euros attendus par Donetsk, un record pour le club ukrainien. Sa signature avait alors provoqué la colère de son entraîneur en Ukraine, le Roumain Mircea Lucescu qui l’avait accusé d’être parti "pour l’argent". 

L’UEFA avait interdit les matches à Makhatchkala

Difficile de donner tort à l’entraîneur francophile. Et difficile de trouver une autre source de motivation que l’argent pour rejoindre le projet de cette équipe située dans une région très instable, le Daghestan, dans le Caucase du Nord alors en proie à une rébellion islamiste. L’UEFA avait d’ailleurs interdit au club de disputer ses matches de Ligue Europa à Makhatchkala. L’Anzhi faisait donc le déplacement jusqu’à Moscou, situé à 3 heures de vol. Droit dans ses bottes, Willian avait tout de même tenté de justifier le bienfondé de son choix.

Willian estime être parti "par la grande porte"

"Le Shakhtar n’a pas accepté les autres propositions des clubs intéressés parce qu’elles étaient moins élevées, avait alors assuré le joueur à Globoesporte. Ce qu’il (Lucescu, ndlr) dit n’est pas vrai. (…) Bien sûr, j’ai tout pris en compte, mais c’était le moment de partir. Peu importe que le Shakhtar soit en huitièmes de finale de la Ligue des champions et l’Anzhi en Ligue Europa, ça m’importe peu. Mon objectif était de partir en sortant par la grande porte et je pense que j’y suis parvenu. Je ne suis pas amer."

"Je me suis directement senti à la maison"

En arrivant, il avait donc côtoyé des pointures et s’était laissé séduire par le projet de nouveau stade et les grandes ambitions du club qui lui avait déroulé le tapis rouge. "On m’a vraiment bien reçu, avec beaucoup d’affection de la part de tous les joueurs, de l’entraîneur et du président, s’était-il réjoui Willian. Je me suis directement senti à la maison. (…) J’ai senti une superbe unité entre eux dans le groupe. Ça m’a conforté dans mon choix. Je ne le regrette pas du tout."

L’aventure a duré sept mois

Quinze matches, un but et sept mois plus tard, tout s’était arrêté. Suleyman Kerimov avait retiré ses billes du club, contraignant la vente des stars. « La situation était… compliquée, avait admis le Brésilien à FourFourTwo. Enfin, pas compliqué, mais disons que c’était assez inhabituel. » Battu sur ce dossier sept mois plus tôt, Chelsea avait sauté sur l’occasion pour l’acquérir à prix coûtant (35M€). La suite : deux titres en Premier League (2015, 2017), une League Cup (2015), une FA Cup (2018), et une place de titulaire pour ce Mondial dans le pays qui l’a rapidement quitté. Contre la Belgique ce vendredi (20h), un nouveau rendez-vous manqué en terre russe est proscrit. 

LF