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Comme (peut-être) l’Espagne, eux aussi ont fini par perdre

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Comme l’Espagne vendredi soir face aux Pays-Bas (défaite 5-1), nombreuses sont les sélections à avoir dominé le football mondial avant de s’écrouler complètement. Le point en images.

Regarde les hommes tomber. C’est le privilège des spectateurs des Coupes du monde que celui de voir s’éteindre les plus brillantes sélections de l’histoire. Le Brésil post-Pelé, l’Uruguay de 1950, la Hongrie de Puskas, les Pays-Bas de Cruyff, l’Italie de Lippi, les Bleus de 2002, l’Argentine de Maradona et l’Espagne de 2014 ? L’hiver finit toujours par arriver et même les plus grands finissent par chuter. Reste à savoir comment et dans quel contexte. Car comme disait l’autre, « quand la chute est tout ce qu’il reste, elle est très importante ».

Les grandes dominations

Uruguay, après 1934 et après 1950

Vainqueur de la première Coupe du monde de l’histoire (organisée chez lui), l’Uruguay vit assez mal le manque d’engouement suscité par son titre. Pour la peine, la Céleste décide de bouder l’édition de 1934 et même celle de 1938, comme d’ailleurs tous les pays sud-américains à l’exception du Brésil. En 1950, les partenaires de Ghiggia battent le Brésil en finale pour ce qui restera dans l’histoire comme le drame du Maracanã. Ce sera le dernier titre mondial de l’Uruguay.

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Italie, après 1938 et après 1982

Vainqueur en 1934 (à domicile et sous le régime de Mussolini), à nouveau vainqueur quatre ans après. Puis plus rien jusqu’à cette finale perdue 4-1 en 1970 face au Brésil du vieux roublard Pelé (encore lui). L’Italie traversa donc cinq éditions de la Coupe du monde sans revoir la finale, et neuf sans la gagner à nouveau (1982). Soit près d’un demi-siècle sans titre mondial. Après le sacre en Espagne, la Squadra redescend méchamment sur terre au Mexique et termine 12e, éliminée en 8es par la France de Luis et Platini. Allez mon petit bonhomme !

Brésil, après 58 et 62 et avant 70

1958, le Brésil brille, remporte sa première Coupe du monde et révèle Pelé au monde entier. Le début d’une histoire d’amour qui dure encore aujourd’hui entre la Seleção et le plus convoité des trophées. Une histoire qui continue donc quatre ans plus tard en 1962 avec le second succès de rang du Brésil. Cette fois-ci, Pelé se blesse (ou plutôt se fait blesser) d’entrée de jeu et c’est Garrincha qui prend ses responsabilités. La « joie du peuple », offre le Mondial 1962 à son pays. Mais en 1966, Pelé, Garrincha et les autres se voient sortis dès les poules par le Portugal d’Eusebio.

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France après 1998-2000

Coupe du monde 98 : check ! Euro 2000 : check ! Le Mondial sud-coréen devait donc être une formalité et la seconde étoile était déjà presque cousue au maillot bleu. Sauf qu’en phase de poules aussi, il faut jouer les matches et que le Sénégal, le Danemark et l’Uruguay l’ont mieux compris que des Bleus privés de Zidane blessé. Résultat, la France, tenante du titre, termine 28e.

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Ça s'en va et ça revient

Argentine après 78 et avant 86

En 1978, l’Argentine s’impose à domicile, en plein dictature de Videla, au terme d’une Coupe du monde que les Néerlandais, finalistes malheureux, jugent « impossible à gagner » pour cause d’arbitrage maison. Quatre plus tard, il s’agit donc de défendre un titre acquis sans gloire, chose qui semble facile à quiconque possède désormais Diego Armando Maradona dans son équipe. Sauf que le Pibe de Oro a beau marquer deux buts contre la Hongrie pour fêter son transfert à Barcelone, il ne brille pas et que l’Argentine sort au 2e tour. Mais la revanche ne tardera pas.

Italie 2010 après 2006

Au final, le cas qui ressemble le plus à l’Espagne est peut-être celui de l’Italie 2006-2010. Bien que leurs sélections soient très (très) différentes, Marcelo Lippi et Vicente Del Bosque ont en effet en commun d’avoir voulu mourir, non pas avec leurs idées, mais avec leurs hommes. Les soldats victorieux quatre ans plus tôt (on s’en souvient assez bien en France) sont choisis, en dépit de leurs formes parfois douteuses, pour recommencer l’aventure quatre ans après. En 2010, l’Italie est éliminée au premier tour. Reste à voir ce que fera l’Espagne.

Les perdants magnifiques

Pays-Bas après 1978

Le football total, les maillots oranges, les cheveux longs et Cruyff. La sélection néerlandaise des seventies, tout le monde s’en souvient. Tout le monde sauf l’armoire à trophées de la FIFA qui ne possède aucune preuve sonnante et trébuchante de la domination des Néerlandais durant ces années fastes. Défaits deux fois de suite en finale (74 et 78), les « beautiful losers » resteront tout de même dans les mémoires, parfois plus que ceux qui les ont battus. L’histoire ne retient heureusement pas toujours que les vainqueurs, et c’est tant mieux.

Hongrie, après 1954

Avant les Pays-Bas de Cruyff, il y a eu la Hongrie de Puskas. Les Magyars inventent une nouvelle façon de jouer au football et se font connaître au monde en traumatisant la sélection anglaise en amical le 25 novembre 1953 à Wembley sur le score de 6-3. C’est le moment pivot du football européen moderne, quand on oublie définitivement le WM (sorte de 3-4-3) pour le 4-2-4 de Gusztáv Sebes, le technicien hongrois. La Coupe du monde 54 doit donc être celle de Puskas et ses coéquipiers, qui commencent par un 9-0 infligé à la Corée, puis enchainent sur un joli 8-3 face à la RFA. En quarts, le Brésil prend 4-2, score qui sera également infligé au tenant du titre uruguayen. En finale, la Wonder Team retrouve… la RFA. La suite est teintée de suspicion de dopage, d’erreur d’arbitrage et de drame donc, pour une sélection magnifique qu’on ne revit plus jamais à ce niveau.

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Raphaël Cosimano