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Coupe du monde 2018: Mario Fernandes, l’homme qui a dit non à la Seleçao... pour la Russie

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La Russie donnera le coup d’envoi de sa Coupe du monde ce jeudi (17h), face à l’Arabie saoudite. L’occasion de voir en action un de ses meilleurs atouts, le latéral droit Mario Fernandes, Brésilien de naissance naturalisé, et qui a refusé de jouer pour la Seleçao.

Sa vie pourrait presque se résumer à une litanie de débats. Celui du bien-fondé de son arrivée, ou non, dans les rangs du Real Madrid, par exemple, en janvier 2012. On y reviendra, évidemment. Celui de son poste, lui, le défenseur central de formation reconverti avec succès latéral droit. Ou encore celui de son choix de refuser une sélection en équipe du Brésil, pour épouser le maillot, quelques années plus tard, de l’équipe nationale de Russie. La liste est incomplète mais elle résume parfaitement le parcours de Mario Fernandes, qui s’apprête à connaitre la première Coupe du monde de son histoire avec la "Sbornaya".

Destin particulier donc que celui du natif de Sao Caetano do Sul, dans l’Etat de Sao Paulo. Depuis un décret présidentiel en 2016, ce dernier est officiellement un citoyen russe. Et c’est dans ce cadre-là que Mario Fernandes pourrait disputer le match d’ouverture de la 21e Coupe du monde de football. Pourtant, cinq ans avant, son destin aurait pu basculer en faveur de son pays natal. Lorsque Mario Menezes, alors sélectionneur en poste, pense à lui pour un match amical contre l’Argentine, l’intéressé refuse prétextant des problèmes personnels. Et du stress. "Mario Fernandes n’est pas dans la meilleure condition psychologique pour se consacrer à l’équipe nationale. Il demande à ce que sa décision soit respectée par les fans et par la presse" faisait état le communiqué publié par son agent.

"Je ne regrette rien"

Un refus vécu comme un affront. Un affront qui a été largement critiqué au pays, qui n’a jamais compris comment un de ces compatriotes pouvait dire non à la Seleçao. Si les portes de l’équipe A se rouvrent de nouveau à lui sous Dunga, lors d’un amical face au Japon (4-0), dans lequel il entre en jeu à la place de Danilo, Mario Fernandes ne les franchira jamais durablement. Et ce n’est pas l’absence sur blessure du Parisien Daniel Alves pour le rendez-vous russe qui pourrait lui donner des regrets. "Je ne regrette rien. Dani est un super joueur mais il y a d’autres footballeurs excellents dans l’équipe nationale", a lâché Mario Fernandes à la presse ce lundi.

De toute façon, hors de question pour lui de regretter quoi que ce soit. Pas après les efforts déployés pour se faire une place…au soleil en Russie et convaincre les plus indécis. Sur sa capacité à occuper avec brio le poste de latéral droit, lui qui pensait juste y dépanner de temps en temps et prouver sur le long terme la véracité de son surnom de nouveau Lucio. Sur sa capacité aussi à faire l’unanimité, lui qui ne parle pas la langue mais qui a mis à fin à toutes ses incartades en Russie, comme l’alcool et les sorties en boîte de nuit.

Perez (Real Madrid) n'a pas cru en lui

Les regrets? Il les laisse au peuple brésilien. Mais aussi à José Mourinho. C’est le technicien portugais, alors en poste au Real Madrid, qui souhaitait sa venue au mercato d’hiver 2012. Une envie pas partagée par Florentino Perez, qui a préféré miser sur Daniel Carjaval, alors jeune espoir du centre de formation madrilène. Six ans plus tard, Mario Fernandes, pion essentiel du CSKA Moscou, est considéré comme l’un des meilleurs joueurs à son poste de la Russian Premier League (première division russe). Statut qu’il a bien l’intention de défendre à domicile. Dès aujourd’hui, (17h) face aux Saoudiens.