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Coupe du monde : Le Brésil retient son souffle

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A quelques heures du début de la Coupe du monde, l’ambiance n’est pas totalement à la fête au Brésil. La faute aux manifestations sociales et aux menaces de grève qui entourent le début de la compétition.

Corcovado. A 24 heures de l’entrée en lice du Brésil dans sa Coupe du monde, jeudi contre la Croatie (22h, heure française), l’endroit fait office de véritable lieu de pèlerinage. D’habitude, cette montagne de Rio, où est perchée la statue du Christ Rédempteur, est un endroit prisé des touristes du monde entier. Mais ces dernières heures, il a pris une autre dimension. Pour un pèlerinage d’un tout autre genre. Maillots du Brésil sûr sur le dos, mais aussi du Chili, de l’Allemagne, des Etats-Unis ou de la Colombie, écharpes et drapeaux brandis aux quatre vents, les touristes habituels ont laissé place à des supporters de football, tous venus du monde entier pour partager leur passion du ballon rond. Le tout dans la bonne humeur et le respect, tout heureux de communier à 704 mètres d’altitude.

Mais au Brésil, la joie et les sourires ne se lisent pas sur tous les visages. Surtout chez ceux des locaux. Si au Corcovado, l’air respire gaiement la Coupe du monde, ce n’est pas vraiment le cas à Sao Paulo. A l’image des nombreuses manifestations sociales et des différentes grèves organisées dans le pays, tout le monde n’est pas forcément convaincu des bienfaits de l’événement. A l’image du sondage publié ce mercredi par le journal sportif O Globo, la moitié de la population (53 %) estime que le Mondial lui apportera plus de problèmes que d’avantages. Le climat de défiance est palpable.

Menaces de grève ce jeudi

Il ne devrait pas s’arranger après le refus, mercredi soir, du gouvernement de l’Etat de Sao Paulo de réintégrer les 45 employés du métro renvoyés lors de la grève du 5 au 9 juin. Celle, notamment, qui avait provoqué des embouteillages monstres et perturbé les 4,5 millions d’usagers de la zone. La réintégration de ces employés était l’une des conditions imposées par le syndicat des employés du métro de Sao Paulo, qui devait décider, dans la soirée de relancer ou non le mouvement de grève. La menace de perturbations éventuelles plane donc sur le match d’ouverture.

Mais la présidente du pays, Dilma Rousseff, n’a pas prévu de céder. « La Coupe est un événement national. Nous sommes un pays démocratique et nous allons respecter le droit des personnes à manifester. Cependant, nous n'aurons pas la moindre tolérance envers ceux qui commettent des actes de vandalisme ou empêchent le droit de la majorité de profiter de la Coupe du monde ». Avant, lors d’une allocution radiotélévisée mardi soir, d’ajouter : « « Amis du monde entier, venez en paix ! Le Brésil, comme le Christ Rédempteur, a les bras ouverts pour vous accueillir tous. » De son côté, le sélectionneur brésilien Luiz Felipe Scolari y est allé de son petit message en conférence de presse : « A tous les Brésiliens, je veux dire que l'heure est arrivée. Nous sommes tous ensemble. C'est notre Coupe du monde. » A condition que l’union soit totale.

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La rédaction