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Dans le sillage de Blanc

Laurent Blanc

Laurent Blanc - -

Longtemps en marge des institutions, la génération 98 tient sa revanche. Membre du conseil Fédéral, Lilian Thuram a ouvert une brèche avant que Laurent Blanc ne débloque définitivement la situation. Henri Emile devrait d'ailleurs le rejoindre dans le futur staff des Bleus.

Si l’Espagnol Fernando Hierro et l’Italien Demetrio Albertini occupent des postes importants dans leurs pays respectifs, la France, elle, s'ouvre à peine aux vainqueurs, à ceux qui ont écrit les plus belles pages du football hexagonal. La culture de la gagne, celle du très haut niveau, de la trempe des « fuori class », des « cracks », des « outstanding players » a bien du mal à s'affirmer. Comme si, dans notre grand et beau pays, il était inconcevable à un ancien sportif d'enfiler un costume de bureaucrate...

Aujourd'hui, la donne a changé. Michel Platini dirige le foot européen avec une mainmise toute particulière sur la France, Lilian Thuram siège au Conseil Fédéral et Laurent Blanc s'empare de la destinée des Bleus. Pendant de longues semaines, omerta oblige, les contours du futur staff des Bleus confinent à la discrétion.

D'un épais brouillard, l'éclaircie apparaît soudain. Si Alain Boghossian ne souhaite pas s'exprimer pour l'instant, de peur de voir ses « propos déformés », Henri Emile a été très clair : « Vous savez, je connais Laurent depuis longtemps. D'ailleurs, j'aurai pu le rejoindre à Marseille à l'époque. S'il veut travailler avec moi, ce sera avec plaisir... » En langage politique, cela veut dire que la machine est bien enclenchée. Car Blanc deviendra forcément politique, histoire d'arrondir des angles aiguisés comme des laguioles, tant les Bleus sont en lambeaux.

Longtemps cantonnée aux coups de gueule médiatiques mais hermétiques de Dugarry, Lizarazu ou Petit, les vainqueurs de la Coupe du monde 98 occupent le terrain. Sur le pré, comme en dehors. A la grande joie de certains. D'autres agacés n'oseront s'exprimer et aller à l'encontre de ce qui semble devenu inéluctable. Exit les Lemerre, Santini, Domenech. Deux refus en 2004 et 2008 pour Blanc et Deschamps laissaient déjà présager de la suite. Place aux hommes de terrain dont l'expérience reste la meilleure crédibilité. Blanc a la statue du commandeur. Reste à garder le cap.

C.Co à Johannesburg