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Dix choses à savoir sur Thomas Müller

Thomas Müller

Thomas Müller - -

Auteur d’un triplé face au Portugal, Thomas Müller est l’homme en (grande) forme de ce début de Coupe du monde. A 24 ans, l’Allemand n’a jamais semblé aussi fort mais reste pourtant méconnu. Voici dix choses à savoir sur le talentueux Bavarois.

Il est adoubé par « l’autre » Müller

Avec son triplé face au Portugal (4-0), Thomas Müller a porté à huit son nombre de buts en Coupe du monde. Pas mal pour un joueur de 24 ans qui n’a disputé que… sept matches dans un Mondial (six en 2010, un cette année). De quoi envisager sérieusement de battre le record du Brésilien Ronaldo, auteur de 15 buts en Coupe du monde. Gerd Müller, qui en connaît un rayon en termes de buts dans la compétition (14), en est convaincu : « Je suis sûr que Thomas Müller décrochera le record de buts en Coupes du monde, parce qu'il en a encore deux à trois autres devant lui. »

Il « la ramène » pendant les discours

Derrière ses airs austères, Müller est un boute-en-train. Jamais très loin lorsqu’une blague se trame dans le vestiaire du Bayern ou de l’équipe d’Allemagne, il peut se montrer dissipé même dans les moments les plus sérieux. « Quand je fais un discours, il faut toujours qu'il la ramène, mais ça le rend aussi sympathique, déclare Oliver Bierhoff, le manager de la Nationalmannschaft. Il a une bonne mentalité, de l'ambition, et ça convient bien à notre philosophie. »

Un surnom peu flatteur

1,86m, 74kg et des muscles peu saillants. Autant dire que Thomas Müller est loin du physique savamment sculpté de Cristiano Ronaldo. Un corps qui lui a valu un surnom dans le vestiaire du Bayern, repris par la presse allemande : « L’homme sans muscles ». 

Maradona l’a pris pour un ramasseur de balles

Thomas Müller se souviendra à jamais de sa première sélection en équipe d’Allemagne. Après une défaite face à l’Argentine (1-0), le 3 mars 2010, le jeune attaquant se présente en conférence de presse, à laquelle doit également participer Diego Maradona. Mais lorsqu’il voit qu’il n’est pas seul, le sélectionneur argentin s’emporte : « C'est qui lui ? Qu'est-ce qu'il fait là ? Pourquoi vous avez amené un ramasseur de balles à ma conférence ? Puisque c'est comme ça, je m'en vais. » Müller est alors obligé de quitter la salle, dépité. Quelques mois plus tard, l’Allemagne corrigera l’Argentine en quarts de finale du Mondial (4-0), avec un but de Müller, tout heureux de tenir sa revanche sur « El pibe de oro ». « Je ne crois pas qu'il pense encore que je suis un ramasseur de balles, s’amuse alors l’Allemand. Il ne me connaissait pas avant, mais maintenant si. »

Même Löw ne le comprend pas

Pas vraiment avant-centre, pas plus meneur de jeu ou ailier, Thomas Müller est un joueur à part. Hybride, capable de se fondre dans n’importe quel système et à tous les postes avec toujours la même réussite. Pas rapide, pas ultra-technique, comment fait-il alors pour être un des meilleurs joueurs d’Europe ? Même Joachim Löw ne le sait pas vraiment : « C’est un joueur peu orthodoxe. Je ne sais pas moi-même, qui suis son entraîneur, les déplacements qu’il fait, ce qui le rend très difficiles à marquer. »

Lancé par Klinsmann, confirmé sous Van Gaal

Le passage de Jürgen Klinsmann sur le banc du Bayern n’aura pas marqué l’histoire du club. Mais celui qui est désormais sélectionneur des Etats-Unis aura au moins eu le mérite de lancer dans le grand bain Thomas Müller en août 2008, alors qu’il était âgé de 18 ans. Après quatre apparitions lors de sa première saison de Bundesliga, c’est Louis van Gaal, successeur de Klinsmann, qui décide de donner son entière confiance à Müller. Et comme par hasard, le Néerlandais aimerait désormais le faire venir à Manchester United. Cela paraît compliqué pour cet été, mais Van Gaal est têtu. 

Il n’a pas de modèle

Les nouveaux Zidane ou Ronaldo se succèdent, sans jamais que le qualificatif ne soit justifié. Mais Müller est à l’abri de toute comparaison hâtive puisqu’il ne ressemble à aucun autre joueur reconnu. Ce qui fait que le Bavarois ne s’identifie à aucune légende du jeu. « Comme je ne suis pas un joueur classique, il n’y a pas jamais eu un joueur dont je me suis dit : "Je veux tout faire comme lui." Après, bien sûr qu’on regarde des grands joueurs comme Zidane, Riquelme ou Ronaldo. »

Pas fait pour le Ballon d’Or

Le palmarès en club de Thomas Müller est impressionnant (une Ligue des champions, une Supercoupe d’Europe, trois Coupes d’Allemagne et trois Bundesliga). Son palmarès personnel est bien plus mince, avec seulement un trophée de meilleur jeune joueur de la Coupe du monde 2010, qu’il a terminée meilleur buteur (5 réalisations). Qu’il réalise des prestations exceptionnelles ou pas, Müller est conscient qu’il ne sera sans doute jamais récompensé individuellement : « Je ne suis pas fait pour le Ballon d’Or. Par définition, c’est une distinction individuelle et je me vois d’abord comme un joueur d’équipe. Et si je pouvais choisir entre le Ballon d’Or et la Coupe du monde avec mon équipe, je choisirais la Coupe du monde. »

Il est marié avec un mannequin

Comme beaucoup de footballeurs, Müller a une femme qui exerce le beau métier de mannequin. Mais Lisa, avec laquelle il est marié depuis 2009, ne passe pas tout son temps sur les podiums de Paris ou de Milan. La charmante brunette est aussi sportive, puisqu’elle pratique l’équitation à un niveau professionnel. 

Il est passionné d’un jeu de cartes bavarois

Lorsqu’il ne fait pas trembler les filets adverses, le n°25 du Bayern s’occupe avec des hobbies plutôt classiques, puisqu’il aime le golf et les animaux. Mais Müller a une troisième passion un peu moins commune de notre côté du Rhin : le Schafkopf. Derrière ce nom un peu barbare se cache un jeu de carte très populaire en Bavière, qui se joue aussi un peu dans le reste de l’Allemagne et également en Autriche. 

Alexandre Alain