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Escudé : « Ne pas se dire que c’est juste un match »

Julien Escudé

Julien Escudé - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Sélectionné lors du dernier match avant le Mondial 2010, Julien Escudé n’avait finalement pas été retenu dans la liste des 23 pour l’Afrique du Sud. Sur RMC, l’ex-Bleu a apporté son regard aiguisé sur cette période délicate.

Ce match face au Pays-Bas est le dernier avant la Coupe du monde et les joueurs ne sont pas assurés de faire partie des 23 sélectionnés. Julien, vous avez vécu ce cas de figure...

Mon dernier match en équipe de France était le dernier match avant le Mondial. Je faisais partie du groupe et j’ai fait plusieurs matches de qualifications. Je pensais vraiment faire partie du voyage mais malheureusement, certaines choses ont fait que Domenech n’a pas souhaité me prendre pour le groupe final en Afrique du sud. Peut-être que c’est dû à ce dernier match face à l’Espagne qui a été une rencontre difficile au Stade de France. Je n’en garde vraiment pas un bon souvenir. On jouait les champions d’Europe en titre. On était au stade de France dans un contexte très particulier au vu du public et au vu des animosités envers Raymond Domenech. Je pense que j’avais plus à y perdre qu’à y gagner. D’autant que j’étais aligné pour la première fois avec Ciani, qui débutait. Pour une charnière centrale, c’est très compliqué quand on ne se connait pas.

Comment étiez-vous en sélection ?

J’avais de bonnes relations avec mes coéquipiers et avec le sélectionneur. C’est important puisqu’on vit ensemble pendant toute la compétition. Quand on prend des surprises, ce n’est pas forcément évident parce que ça peut chambouler cet équilibre. Au vu des dernières années, j’avais été appelé et fait des matches corrects, je pensais être assez bien intégré pour faire partie de l’aventure. Mais on n’est jamais sûr de rien. La preuve, je n’ai pas été convoqué. On n’était pas dans les meilleures conditions pour prouver qu’on pouvait faire partie de l’aventure. Mais de par mon CV, mon expérience, mon bagage, je pensais vraiment que je pouvais faire partie du groupe.

Avez-vous eu l'occasion d'en parler avec Raymond Domenech, le sélectionneur de l'époque ?

Non mais j’aurais bien aimé. Je me suis posé la question « qu’est ce qui n’a pas été. Après, avec du recul, j’ai bien fait de partir en vacances et de ne pas faire partie de ce groupe-là. Mais on se demande ce qu’on a manqué, ce qu’on n’a pas su faire. La sélection était un rendez-vous important, je voulais prouver ma valeur sur les différents matches même si les conditions étaient difficiles. L’équipe ne jouait pas son meilleur niveau, on était beaucoup critiqué, le sélectionneur encore plus, le public avait du mal à nous supporter.

Il y a des joueurs qui ne sont pas forcément en danger, d'autres qui ont à prouver. La motivation peut être différente. L'aviez-vous ressenti à l'époque ?

Pour tout le monde, ce genre de match est important, encore plus pour ceux qui sont nouveaux pour pouvoir intégrer le groupe. Les autres, il faut toujours qu’ils soient présents quand même, c’est l’exigence du haut niveau. C’est un match international, à domicile, il faut être bon. Il faut avoir une continuité avec ce qu’il s’est passé en Ukraine, vis-à-vis du public, du collectif. Il faut sentir qu’il y a peut-être quelque chose qui est en train de se créer. Il ne faut pas y aller en reculant ou en se disant que c’est juste un match, qu’il y en aura d’autres. Parce que non, il n’y en a plus d’autre. Après c’est la liste des 23, la décision va déjà plus ou moins être prise.

Quels conseils donneriez-vous à Antoine Griezmann, qui honorera sa première sélection face aux Pays-Bas ?

Je pense qu’il faut qu’il prenne du recul et ne pas se stresser plus qu’il n’en faut. Il montre déjà à la Real Sociedad ses capacités. S’il a été sélectionné c’est que Didier Deschamps a déjà vu ses qualités. Là, c’est sûr que c’est un niveau supérieur mais il faut qu’il joue son jeu, se libérer, se dire qu’il a 90min pour se faire plaisir. S’il donne, le public va le ressentir et le sélectionneur aussi. Ce match est important mais il faut aussi qu’il s’intègre. Comment s’est-il comporté ? Quel est son caractère ? Evidemment, s’il rate ce match, ce sera négatif mais si derrière il marque but sur but en club, on se dira qu’il faut qu’il fasse partie de l’aventure.

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La rédaction