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France-Etats-Unis: ces Bleues qui ont tenté (avec succès) l'aventure américaine

La France affrontera vendredi (21h) la redoutable équipe des Etats-Unis en quart de finale de la Coupe du monde, dans une rencontre qui devrait éveiller des souvenirs chez quelques anciennes (et une actuelle) internationales tricolores. Depuis le début des années 2000, plusieurs Bleues ont en effet traversé l'Atlantique pour découvrir le championnat nord-américain et la folie du "soccer". La plupart avec réussite.

Marinette Pichon (2002-2003, puis 2004)

La meilleure buteuse de l’histoire de l’équipe de France fut aussi la première à tenter l’aventure américaine. En 2002, alors qu’elle a 27 ans et évolue à Saint-Memmie, Pichon traverse l’Atlantique en éclaireuse, pour découvrir au sein du Philadelphie Charge une ligue alors appelée WUSA. "Je me rends compte qu’il y a un championnat professionnel ailleurs, que j’ai peut-être été choisie pour y évoluer, se souvenait-elle récemment dans les colonnes du Télégramme. Jusqu’à ce coup de fil de Philadelphie, à aucun moment, je n’imagine un seul instant que je vais être professionnelle. Pour moi, ce n’est pas possible, parce que la pratique du foot féminin est très récente. Je me disais, je profite, je m’éclate, je gagne ma vie en partie grâce au foot, même si je ne m’y consacre pas pleinement car je travaille à côté…"

Après avoir inscrit près de trente buts et reçu le trophée de meilleure joueuse, Pichon voit cependant la WUSA cesser ses activités, et retourne en France. Pour encore faire le chemin inverse à l’été 2014, le temps d’une expérience avec les Wildcats du New Jersey en W-League. Elle remporte cette fois le titre en conférence Est, avant de regagner l'Hexagone et de finir sa carrière à Juvisy.

Stéphanie Mugneret-Béghé (2003-2004)

Quelques mois après Pichon, Mugneret-Béghé est la deuxième Française à plonger dans le football professionnel aux Etats-Unis. L’attaquante aux 115 sélections, passée par le FC Lyon ou Juvisy, a elle évolué quelques mois aux Boston Breakers, également en WUSA. "Boston m'avait déjà contacté il y a quelques années mais je ne me sentais pas prête, raconte-elle à l’époque. Je me suis construit un plan de carrière et je ne voulais pas brûler les étapes. Ce transfert correspond à un aboutissement." Comme Pichon, sa pige américaine s’est achevée lorsque la WUSA a mis la clé sous la porte.

Sonia Bompastor (2009-2010)

En septembre 2008, Sonia Bompastor est draftée pour intégrer la nouvelle ligue professionnelle américaine, la WPS, et la latérale gauche de l’OL rejoint le Washington Freedom l’année suivante. Pour un challenge plus que réussi. Au sein de la capitale américaine, où elle côtoie la célèbre Abby Wambach, Bompastor finit meilleure passeuse du championnat dès sa première saison, et est sélectionnée pour le All-Star Game. Après une deuxième saison correcte mais un peu moins prolifique, elle décide de rentrer en France, pour achever sa carrière à Lyon. "Ça a été une super expérience, confie-t-elle à son retour. C'est un foot complètement différent, avec une intensité dingue. Du lundi jusqu'à la veille du match, elles bossent comme des folles. Moi, je galérais, je finissais les matchs lessivée et je faisais souvent des nuits blanches après." Une différence en terme d’intensité, une différence aussi en terme de culture. "C'est le sport numéro 1 pour les petites filles, elles jouent partout, viennent au match en famille, décrit-elle. C'est complètement différent en terme d'engouement populaire."

Camille Abily (2009-2010)

En même temps que Bombastor, Camille Abily quitte l’OL en 2009 pour la WPS, et intègre elle l’effectif du Los Angeles Sol. Après un bon premier exercice, au cours duquel elle finit deuxième meilleure buteuse derrière sa coéquipière Marta, elle est transférée au FC Gold Pride, avec qui elle remporte le championnat. Elle retourne à l’OL après deux exercices américains, comme Bompastor. "Ça m’a vraiment fait grandir, aussi bien sur le plan du foot parce que j’ai dû élever mon niveau, que sur celui de la vie, ça m’a fait évoluer", estime-t-elle.

Amandine Henry (2016-2017)

La capitaine des Bleues est la seule Française en activité à avoir évolué aux Etats-Unis. C’était de mars 2016 à octobre 2017, avec les Portland Thorns, en NWSL. "J'ai toujours voulu tenter une expérience à l'étranger, apprendre une nouvelle langue, découvrir une autre culture, une autre façon de travailler, se justifie-t-elle au moment de faire ce choix de carrière. J'aurais pu rester à l'OL, mais pourquoi? J'ai tout connu et tout gagné. Je n'avais plus cette boule au ventre sur tous les matchs, qui fait qu'on se surpasse. C'était le moment de partir."

A Portland, l’un des plus gros clubs, avec des matchs à domicile à guichets fermés devant 16.000 spectateurs, la milieu se régale. Au côté de Lindsey Horan ou Tobin Heath, qu’elle retrouvera vendredi, elle remporte le championnat lors de sa deuxième saison. Et s’en va sur une bonne note.

Clément Chaillou