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France-Uruguay: le provocateur Luis Suarez s'est-il vraiment assagi?

Déjà buteur à deux reprises depuis le début de la compétition, Luis Suarez sera l'arme principale de l'Uruguay qui défie vendredi (16h) l'équipe de France en quarts de finale de la Coupe du monde en Russie. Les Bleus devront aussi se méfier de ses éventuelles provocations, même si ce roi du trash-talk semble s'être calmé depuis quelques mois.

Il sera le joueur que les défenseurs français devront toujours avoir à l’œil. Surtout si Edinson Cavani vient à déclarer forfait. Déjà auteur de deux buts depuis le début de la Coupe du monde en Russie, Luis Suarez sera l’arme principale de l’Uruguay qui se présente vendredi (16h) face aux Bleus en quarts de finale. Un joueur aussi génial que provocateur. Un attaquant qui s’est forgé une réputation de tueur des surfaces et de roi du trash-talk. Un buteur né qui aime jouer avec les règles et faire parler de lui. Il y était parvenu lors du Mondial sud-africain, en 2010, quand il avait sauvé un ballon de la main sur sa ligne contre le Ghana en quarts de finale.

La main de Suarez
La main de Suarez © AFP

Exclu pour ce geste, Suarez avait vu Gyan Asamoah manquer son penalty. L’Uruguay s’était qualifiée dans la foulée aux tirs aux buts. Quatre ans plus tard, il s’était cette fois-ci illustré en mordant l’épaule de l’Italien Giorgio Chiellini en phase de poules de la Coupe du monde. La Fifa lui avait infligé après coup une suspension de neuf matchs. En 2010, alors capitaine de l’Ajax, il avait déjà été suspendu sept matchs pour avoir mordu le joueur du PSV Eindhoven, Otman Bakkal à l'épaule. En 2013, il avait pris dix matchs de suspension pour une nouvelle morsure. Sa victime? Le défenseur serbe de Chelsea, Branislav Ivanovic, lors d’un Liverpool-Chelsea.

Propos racistes et plongeon

Au cours de sa carrière, Suarez a également été sanctionné pour des propos racistes, en 2011, à l’encontre de Patrice Evra. Selon le rapport de la Fédération anglaise, le natif de Salto avait utilisé à huit reprises le mot "negro" pour qualifier l’international français pendant un Liverpool-Manchester United. Suarez est aussi celui qui a tiré les cheveux du Brésilien Rafael, toujours lors d’un Liverpool-Manchester United, qui a adressé un doigt d’honneur au public de Fulham, qui a marqué de la main lors d’un troisième tour de FA Cup face à Mansfield, et qui s’est amusé à célébrer un but en plongeant devant David Moyes qui l’avait accusé d’être un as de la simulation.

Considéré comme l’un des plus grands chambreurs du foot mondial, Suarez semble toutefois avoir limité ses coups de folie depuis quelques mois. Même si, en novembre dernier, il s’est fait remarquer en insultant copieusement un arbitre de touche après un but refusé à Lionel Messi lors d’un Valence-Barça. Mais globalement, Suarez n’est plus le récidiviste qu’il était il y a encore quelques années. Et quand il ressent le besoin de s’en prendre à un adversaire, il a de plus en plus tendance à privilégier le terrain médiatique au rectangle vert. La preuve avec ses récents propos sur Antoine Griezmann, à qui il a reproché de ne pas connaître "le sentiment d’être Uruguayen".

"Il est devenu beaucoup plus mature"

Mais pour l’instant, il n’a pas encore pété un plomb durant ce Mondial. Avant le début de la compétition, son sélectionneur Oscar Tabarez s’était d’ailleurs voulu rassurant sur ce point. "Il est assurément devenu beaucoup plus mature. Il a le bon état d’esprit. Il est à la hauteur de mes attentes. Ce qui s'est passé au Brésil (sa morsure sur Chellini et sa suspension) fait partie de la vraie vie. Ça lui a servi de leçon pour acquérir plus de maturité, pas seulement dans le football, mais aussi dans d'autres parties de sa vie, comme dans sa vie familiale", avait-il confié en conférence de presse.

Attention, Suarez n'est pas non plus devenu aussi doux qu'un agneau. S'il n'a pas encore pris de carton jaune en Russie, l'artificier en chef du Barça, auteur de 25 buts la saison dernière en Liga, en a agacé plus d'un face au Portugal (2-1) en huitièmes en passant un temps incalculable à râler après l'arbitre pour obtenir des fautes et à hurler de douleur au moindre contact un peu trop appuyé. Au moins, Samuel Umtiti et Raphaël Varane, qui devraient sauf surprise composer la charnière centrale des Bleus contre l'Uruguay, sont prévenus. Si Suarez ne mord plus ses adversaires, il a toujours aussi faim.

Rodolphe Ryo