RMC Sport

Henry : « Ma fierté d’homme en a pris un coup »

Thierry Henry

Thierry Henry - -

Après avoir rencontré Nicolas Sarkozy jeudi à l’Elysée, Thierry Henry s’est exprimé sur Canal Plus après la débâcle de l’équipe de France lors de la récente Coupe du monde.

Thierry Henry, après tous les événements qui ont émaillé cette fin de Mondial, pourquoi ne pas avoir jouer le rôle de grand frère ?
Oui, j’aurais pu jouer ce rôle. Mais dans cette Coupe du monde, je me suis senti écarté. On ne me parlait plus comme avant. C’est simple, je n’étais plus sur le devant de la scène. A un moment donné, quand tu n’as pas de crédibilité, ça devient difficile. Ma fierté d’homme en a pris un coup. 

Quelle était l’ambiance dans le groupe ?
Il n’y avait pas de clans. Personnellement, j’ai parlé à tout le monde. Tout le monde se parlait. Les jeunes ? J’allais les voir régulièrement. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je n’ai pas vu de bagarres. Puis, durant cette Coupe du monde, je n’ai pas vu de caïds. Faut qu’on arrête avec ça. Moi j’ai grandi aux Ulis et là-bas j’en ai vus.

Pouvez-nous raconter ce qui s’est passé à la mi-temps du match France – Mexique (0-2) ?
Oui, j’étais dans les vestiaires. Ce qui me frappe, c’est que ce ne sont pas les mots de Nico. C’est pour ça que l’on devait montrer notre soutien à Nicolas Anelka. Il ronchonnait, il marmonnait. La personne qui a reporté ça aux journalistes, comment a-t-elle pu entendre ?

Et par rapport au boycott ?
Sur le moment tout le monde était d’accord. Oui, il y avait unanimité ! Personne n’a mis de pression à qui que ce soit. Mais au final, je considère que c’est une erreur. 

Comment s’est passé votre rencontre avec Nicolas Sarkozy ?
A la fin de la Coupe du monde, on nous a mis en contact. Ça s’est bien passé. Durant l’entretien, on a parlé de tout et un peu de football.

Considérez-vous que les jeunes n’ont plus de respect vis-à-vis de leurs aînés ?
Ecoutez, quand je suis arrivé en sélection, avant de m’asseoir a table, j’attendais de voir où les anciens s’asseyaient. Pareil dans le bus. Quand j’étais à Monaco, Mr Tigana m’envoyait nettoyer les ballons même après avoir été champion du monde. Je portais aussi les sacs. Ça a évolué. Maintenant, c’est presque moi qui dois porter les sacs. Il n’y a plus ce respect envers les anciens. Mais est-ce que ce n’est pas un problème de société ?