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Houllier : « Domenech travaille en autarcie »

Gérard Houllier

Gérard Houllier - -

Le directeur technique national se désolidarise de Raymond Domenech qu’il accuse d’avoir travaillé dans son coin. Il affirme aussi qu’en aucun cas, il n’a songé à le remplacer.

Que répondez-vous à Jean-Michel Larqué qui vous soupçonne d’avoir voulu reprendre le poste de sélectionneur ?
Jean-Michel Larqué se trompe complètement. En aucun cas, je ne prendrai l’équipe nationale. Ils y en a qui le savent, aussi bien à la direction que parmi mes proches. Ces allégations sont totalement fausses et fortuites. Je ne comprends pas pourquoi il pense que j’ai une revanche à prendre sur l’Israël ou la Bulgarie (Ndlr : en 1993 lorsque la France ne s’est pas qualifiée pour la Coupe du Monde 1994). Qu’il se rassure, avec le titre de champion d’Europe des moins de 18 ans, avec ce que j’ai fait à Liverpool ou à Lyon, j’ai eu largement le temps de prendre une revanche sur moi-même. De toute façon, je n’aime pas le terme revanche, on n’est pas efficace quand on a des revanches à prendre. Je n’étais pas du tout un plan B. Si Raymond s’était planté, c’est Alain Boghossian qui aurait pris l’équipe. Un journaliste a même écrit que j’allais reprendre l’équipe de France alors que j’étais sur mon lit d’hôpital pour me faire opérer. Ce n’était pas du tout dans le schéma. Je n’en avais pas envie. Et si j’ai soutenu Raymond Domenech en 2008, c’est parce que je pensais que c’était la meilleure option, les joueurs étaient en faveur du maintien.

Vous assumez donc votre soutien à Raymond Domenech ?
J’assume. J’ai eu une intervention au conseil fédéral où j’avais pris l’exemple de Berti Vogts qui avait été remis en cause. Quelques années après, il était champion d’Europe. On avait une nouvelle génération qui arrivait et il me semblait que c’était Raymond qui la connaissait le mieux, qui l’avait lancée. C’était en juillet 2008, à un mois de la reprise. Dans le mesure où il se sentait assez solide et costaud et qu’il avait le vestiaire avec lui, mon intervention a été une intervention de soutien et elle l’a été jusqu’au bout. Là-dessus, je n’ai jamais faibli. C’est vrai que je me suis posé la question de savoir pourquoi cette équipe ne progressait pas et j’ai le droit d’avoir cette interrogation.

Est-ce qu'il y a eu un débat pour changer de sélectionneur après la qualification à la coupe du monde 2010?
Le Président (Escalettes) ne le souhaitait pas mais il y avait des gens autour de lui qui le souhaitaient. Il y a eu un débat là-dessus au conseil fédéral. Maintenant, je m’exprimerai après le dernier match de l’équipe de France comme le fera je pense le président (Escalettes). Raymond Domenech, ça fait longtemps qu’il ne travaille plus avec la DTN, il travaille en indépendance, en autarcie à tel point que l’entraineur des espoirs ne connaissait même pas la liste pour la Coupe du Monde. Ils ont fait leur truc dans leur coin, ça m’a un peu choqué mais maintenant, il faut qu’ils assument. A la DTN, on n’est pas content de ce qu’il se passe, on est en colère, déçu et on a préparé un plan après-Raymond, avec le nouveau sélectionneur. Mais surtout pour changer le jeu et l’état d’esprit. Si on ne change pas, on va droit dans le mur.

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Rappel des propos de Jean-Michel Larqué : « C’est un péché originel de reconduire Raymond Domenech. C’est même un péché capital. A l’époque, seul Guy Chambily (membre du conseil fédéral) s’est posé une question sur son renouvellement de contrat. Il a été renvoyé assez rapidement. Il me disait que les membres du conseil fédéral se sont remis à la parole des techniciens. La DTN, par le biais de Gérard Houllier voulait reprendre le pas sur les entraîneurs de l’extérieur quand Jacques Santini est parti. Gérard Houllier a alors exigé que Raymond Domenech soit l’homme de la situation. Pour quelles raisons ? Ce sont des raisons plus personnelles. Donc aujourd’hui, Gérard Houllier est en première ligne car c’est lui qui a été le détonateur de la reconduction du contrat de Domenech.  Mais le plus grave, c’est que Gérard Houllier avec qui j’ai discuté avant-hier à Polokwane considère que Raymond Domenech est nul. Pourquoi alors l’avoir gardé ? Tout cela relève de l’intérêt particulier. Sans faire de l’historique, je rappelle que Gérard Houllier avait demandé lors de la phase de qualification que Raymond Domenech prenne neufs points. Et si contre la Roumanie, Gourcuff ne met pas son but de trente mètres qui permet à la France d’égaliser, on coupe la tête de Domenech. Et qui arrive à la place de Domenech ? Je suis sûr que l’alternative à Raymond Domenech s’appelait Gérard Houllier. On le sait Gérard n’a qu’une idée en tête : prendre sa revanche sur le France – Bulgarie qui nous a privé de Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis. », a déclaré Jean-Michel Larqué.