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L’Espagne reine du monde

Andres Iniesta

Andres Iniesta - -

L’Espagne est devenue ce dimanche 11 juillet à Johannesburg la huitième nation championne du monde de football en s’imposant en prolongation (1-0) contre des Pays-Bas décevants et agressifs.

Après avoir atteint les sommets européens, l’Espagne gravit les cimes mondiales. Dans une rencontre crispante, les hommes de Vicente Del Bosque se sont imposés en prolongation grâce à un but d’Andres Iniesta (116e). Après la RFA de 1972 et la France de 1998, l’Espagne devient ainsi la troisième nation à remporter le championnat d’Europe et la Coupe du monde en deux ans. Cette victoire au Mondial est une première pour une formation européenne loin du Vieux Continent. Et après dix-huit finales ayant impliqué le Brésil, l’Argentine, l’Italie ou l’Allemagne, c’est un vent nouveau qui flotte sur le football mondial.

Ce résultat est finalement logique pour une équipe qui entre dans la rencontre de la meilleure des manières. Sergio Ramos (5e et 11e) et Villa (12e) sont les premiers à se mettre en action. Alors pour contrecarrer les plans espagnols, on emploie les grands moyens. Mark Van Bommel d’abord, sur une vilaine faute sur Iniesta (22e), puis de Jong (28e), auteur d’un coup de pied dans le thorax de Xabi Alonso, écopent tous les deux d’un carton jaune. Un moindre mal pour les deux hommes qui auraient dû voir le rouge sortir de la poche de M. Webb, l’arbitre britannique de cette finale. Van Bommel, dans un rôle qui lui est hélas coutumier, se chargeant également de pourrir une rencontre fort décevante par ailleurs.

Si la méthode a de quoi déplaire, elle n’en demeure pas moins efficace puisque Iniesta ne sort pas la tête de l’eau en première mi-temps, pas plus que ses compères Xavi et Xabi Alonso. C’est même Arjen Robben qui s’illustre d’une frappe bien détournée en corner par un Iker Casillas vigilant (45e+1). Le Munichois récidive à la 62e, mais parfaitement lancé par Wesley Sneijder, le gaucher manque son duel avec Iker Casillas qui dévie le ballon en corner du bout de son pied droit.

Iniesta se libère enfin

Cette incroyable occasion ne débride pas une rencontre émaillée de quatorze (!) cartons jaunes (neuf pour les Pays-Bas dont un rouge pour Heitinga, cinq pour l’Espagne). La tension se fait d’ailleurs de plus en plus sentir. Comme sur ce débordement de Joan Capdevilla qui pousse John Heitinga à la faute, offrant une balle de but à David Villa. Mais le meilleur buteur ex aequo de ce Mondial (5 buts) rate l’immanquable en butant sur De Jong (68e). Quant à Robben, une nouvelle fois parti dans le dos de la défense espagnole, il voit revenir un Puyol à deux doigts de commettre une faute (83e). Prolongation.

Bert Van Marwijk avait annoncé la couleur. « Je suis prêt à sacrifier le beau jeu pour la victoire. » Cette rencontre l’a confirmé, puisque ses hommes ont plus déjoué qu’ils n’ont joué. Ce sont en effet les Espagnols qui terminent cette rencontre de la meilleure des manières. Enfin libéré, Iniesta est à la manœuvre. Mais ni Fabregas (95e), ni Iniesta (99e), ni Navas (101e), ne trouvent l’ouverture. Plus mauvaise attaque (sept buts) à atteindre la finale depuis 1990 et l’Argentine (5 buts), l’Espagne confirme ses difficultés à marquer. Car ni Villa, ni Torres, entré pour le dernier quart de la rencontre, ne sont parvenus à trouver l’ouverture.

Il faut finalement un but du Barcelonais Iniesta pour éviter la séance de tirs au but. Pour la première fois en 26 rencontres, les Pays-Bas s’inclinent. Une première contre l’Espagne depuis février 1983. Après ses échecs de 1974 et 1978, ils laissent une nouvelle fois filer un titre qu’ils ne parviennent décidément pas à conquérir. Quant à l’Espagne, elle devient le premier champion du monde sacré après avoir perdu son match d’ouverture. A l’image de la génération France 98, cette équipe d’Espagne version 2008 règne en maître sur la planète football.

Pierrick Taisne à Johannesburg