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L'Italie prend le chemin des Bleus

Riccardo Montolivo

Riccardo Montolivo - -

Battue logiquement par une épatante sélection slovaque (3-2), la Squadra Azzurra a connu le même destin sportif que l’équipe de France.

Quel fiasco ! En s’inclinant face à la Slovaquie (3-2) à l’Ellis Park de Johannesburg, la Nazionale est éliminée dès la phase de poules. L’humiliation est à la hauteur du désastre français en Afrique du Sud. Les comparaisons avec le destin honteux des Bleus ne s’arrêtent d’ailleurs pas là. Comme l’équipe de France en 2002, les champions du monde italiens sont donc sortis dès le premier tour. Le Brésil en 1966 et l’Italie, déjà, en 1950, avaient connu pareille mésaventure.

Autre point commun, le groupe F, comme le groupe A dont avaient hérité les Français, était considéré comme le plus facile de l’épreuve. Jamais pourtant la Squadra Azzurra n’a été en mesure de passer. Le nul face à la Nouvelle Zélande (1-1) ayant notamment plombé le moral d’une équipe en manque de confiance et qui n’a plus gagné le moindre match depuis novembre 2009.

Les causes de cette débâcle sportive sont évidemment assez faciles à cerner. L’ossature de l’équipe est vieillissante, à l’image d’un Gattuso médiocre face aux Slovaques. Jamais Marcello Lippi, rappelé après le faux pas à l’Euro 2008, n’a été capable de renouveler ses cadres. Autre lacune terrible, une défense de verre, à l’image d’un Fabio Cannavaro complètement dépassé. Les Italiens ont pris cinq buts en trois matches. Il y a quatre ans, en Allemagne, ils n’en avaient pris que deux en sept rencontres. « J'assume toutes les responsabilités », s’est exclamé un sélectionneur tellement abattu qu’il en a oublié de serrer la main de son homologue à la fin du match… comme Domenech. « Mon équipe avait de la terreur dans les jambes, dans la tête et dans le cœur, et si on n'a pas réussi comme il le fallait, c'est parce que l'entraîneur n'a pas préparé l'équipe de manière correcte sur les plans psychologique, physique, tactique, et surtout psychologique. »

Lippi : « J’assume tout ! »

Les blessures de Pirlo et de Buffon, deux cadres indispensables à cette équipe, n’ont pas arrangé les affaires italiennes. Mais les critiques se focalisent surtout sur les choix de Lippi en attaque. « Lippi a fait du Domenech, affirmait Marco Simone, juste avant le début de la compétition. Il a manqué de courage. Il n’a pas voulu gérer les tempéraments de Balotelli et de Cassano. Or ce sont deux joueurs qui peuvent te faire la différence à eux seuls. »

On ne peut pas donner tort à l’ancien joueur du Milan AC et du PSG. Aucun des attaquants choisis par le sélectionneur transalpin n’a été à la hauteur de l’événement. En Italie, le scandale va être terrible. Le pire c’est que nos voisins ne pourront même pas se moquer des Bleus. Et ça, c’est inexcusable...

Marc Ambrosiano à Johannesburg