RMC Sport

La mascotte de Maradona

Diego Maradona

Diego Maradona - -

José Carlin est le responsable FIFA à Pretoria. Franco-espagnol, il a gagné la confiance de Maradona au point de devenir un porte-bonheur aux yeux du sélectionneur argentin.

José Carlin, comment s’est passée votre première rencontre avec Maradona ?
C'est quelqu'un de très chaleureux. Au début, il a une forme de retenue naturelle. C'est normal puisqu'il est beaucoup sollicité. Je me souviens que la première fois qu’on s’est vu, il fumait son cigare et cela n’a duré que trois minutes. Petit à petit, on s’est rapproché. Par exemple, il y avait auparavant toujours son garde du corps entre nous. Aujourd’hui, il me prend souvent par l’épaule.

Quel type de relation entretenez-vous ?
J'aime la dimension de ce personnage. Ce n'est pas quelqu'un de lisse. Il est très contrasté, mais a cette faculté d'être très humain. C'est un latin. Je le suis aussi, puisque je suis Espagnol. Je sais comment ça fonctionne. On aime bien se toucher et se dire les choses. Il y a des accolades, des embrassades. A chaque fois qu'il quitte le stade, il me fait la bise, me serre dans ses bras et me dit : "à bientôt El Nino";

Vous êtes devenu son confident...
Pas un confident, peut-être plus une mascotte. Je pense qu'il est comme tous les autres joueurs et anciens joueurs. Il est très superstitieux. Par exemple, je connais bien Gaby Heinze depuis son passage à Paris. Maradona a su qu'on était copains et il marque le premier but de l'Argentine… Tout cela l’a sans doute rassuré.

Racontez-nous son premier passage au stade de Pretoria...
Je lui ai trouvé un passage secret pour qu’il ne rencontre personne. Je lui ai dit que la seule personne qu'il pourrait croiser, ce sont les rats. Cela l'a bien fait rire. Je me souviens aussi que lors de la fête des pères, il est arrivé en conférence de presse avec des lunettes de soleil. Je lui ai demandé ce qu'il faisait avec ses lunettes et de les enlever. Il m'a dit : "attends un peu, tu vas voir…" Il a commencé sa conférence en montrant ses lunettes et en disant: "voici le cadeau de la fête des pères de mes filles." C'est ça Diego : un mec imprévisible mais très touchant. Comme quand il franchit la barrière qui le sépare des journalistes pour prendre Salvatore Bagni (un ancien coéquipier de Naples, ndlr) dans ses bras.

Pierrick Taisne à Pretoria