RMC Sport

Le Guen-Domenech même combat

Paul Le Guen

Paul Le Guen - -

Si Raymond Domenech voit son avenir en Afrique du Sud totalement lié à Mexique-Uruguay, Paul le Guen n'est pas parvenu à déclencher l'onde de choc attendue chez les Lions Indomptables.

On l'avait quitté froid et méfiant dans la capitale. Paul le Guen n'a pas changé. La chaleur africaine ne l'a pas détendu. Sélectionneur du Cameroun depuis l'été dernier et sous contrat jusqu'à la fin du mois prochain, le Breton est dans le collimateur des dirigeants locaux. « Je ne démissionnerai pas », lançait-il aux médias à l'issue de la déroute face au Danemark samedi soir (1-2). Comme prévu, le Guen n'est pas du genre à se remettre en cause. Et pourtant. « Le Cameroun joue à l'envers. Le Guen ne doit plus entraîner ! », s'exclame Roger Milla, toujours lucide dans ses propos, au lendemain de l'élimination. Des choix tactiques désastreux, une voix peu écoutée, un mental de pacotille et voilà le Cameroun éliminé : « La plus grosse déception de ma carrière », glisse Samuel Eto'o abattu. Bye bye....
Victime d'un manque de spécialistes au poste, il semblerait que certaines nations africaines accordent encore un crédit important aux entraîneurs français. Nombreux sont ceux qui y ont connu des fortunes diverses (Lemerre, Michel, Troussier, Tosi, etc). Le Guen en fait partie : « C'est un échec. Je suis triste pour le peuple camerounais. Mais je ne redoute pas le retour au pays », précise l'ancien coach de l'OL. Lyon d'ailleurs où Le Guen, Santini et Perrin ont glané leurs principaux titres. Autant d'entraîneurs en mal de résultats par la suite.

Wenger, Deschamps ou Blanc auraient-ils fait mieux ?

On ne s'improvise pas entraîneur d'une nation africaine. Metsu et Le Roy ont notamment brillé avec le Sénégal, le Ghana ou le Cameroun. Ils se sont adaptés. Avec une belle réussite. A force de dialogue, de relationnel, les résultats ont suivi. Une méthode forte élevée comme un leitmotiv par Raymond Domenech lorsqu'il était sélectionneur des Espoirs, avant de devenir prisonnier de sa fonction et maintenu sous perfusion par un conseil de vieux sages totalement à côté de la plaque, uniquement guidés par leurs intérêts personnels. Domenech n'avait rien gagné. 2006 est un cas à part tant les joueurs fonctionnaient en autogestion. Pas étonnant qu'on en arrive là.
Une raison, une seule, tend vers l'optimisme. L'absence du top 3 des spécialistes français. Arsène Wenger est bien présent en Afrique du Sud mais pour le compte de divers médias. Didier Deschamps, lui, se repose et Laurent Blanc s'apprête à récupérer une équipe de France réduite en cendres. C'est sûr qu'avec ces trois là, cela aurait été une toute autre histoire. On se console comme on peut.