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Le Maracana, un lifting et des critiques

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La Coupe du monde au Brésil s’ouvrira dans deux mois. Si certains stades sont toujours en chantier, le mythique Maracana de Rio est prêt à accueillir la compétition. Au prix d’un sacré coup de jeune, qui ne fait pas que des heureux.

Avec ses 78 000 places depuis sa rénovation entre 2010 et 2013, le Maracana est bien loin de ses affluences passées. Ils étaient ainsi près de 200 000 à assister à la rencontre Brésil-Paraguay en 1969. Lors de la finale du Mondial 1950 perdue par la Seleção contre l’Uruguay, ce sont 170 000 fans qui s’étaient massés dans les tribunes de la mythique enceinte. Antenor, 73 ans, se souvient : « J'ai vu cette foule. J'étais dans l'endroit où l'on restait debout. Ça s'appelait "Geral". Tu ne pouvais pas voir beaucoup de joueurs sur le terrain. Il fallait faire au moins 1,70m et j'étais petit. Alors j'ai commencé à sauter pour voir le match. »

Antenor avait 10 ans à l’époque. Il se souvient surtout des larmes des Brésiliens après cette défaite en finale (2-1), notamment consécutive à une bévue du gardien Barbosa, aujourd’hui décédé. « Je ne comprenais rien mais je savais que le Brésil avait perdu », glisse-t-il. Un revers vécu comme un drame national.

Le Maracana, c'est aussi ce stade où ont évolué les plus grands joueurs brésiliens. Pelé, Garrincha, Romario, Ronaldo... Un stade qui marque tous ses pensionnaires. Dont l’ancien Lyonnais. « Imaginez que j'ai joué une finale ici en 1999. Il y avait 100 000 personnes, contre Santos, se remémore le récent retraité. J'ai marqué un but. C'est énorme. Mais bon, je pense que maintenant le plus important, c'est la sécurité. On était obligé d'accepter les exigences de la FIFA. »

Une spectatrice : « Ce n'est pas ça le Maracana »

Le stade s'est en ainsi métamorphosé avant la Coupe du monde pour répondre à ses exigences. Plus beau et plus sûr. Pourtant pour Daniela, qui est allée voir le nouveau Maracana lors de la Coupe des Confédérations, le stade a perdu de sa superbe. « C'était hyper bizarre, raconte-t-elle. On voyait qu'il n'y avait que des riches. On n’est pas habitué à ça. Pour nous, le Maracana est comme une fête. Là, ce n'était pas ça. C’était bien, c’était cool mais ce n’est pas ça le Maracana. »

Car avec l'augmentation des prix, le stade n'est plus toujours plein. Un peu plus de 26 000 spectateurs seulement ont assisté dimanche dernier à la finale de championnat entre Flamengo et Vasco. Il fallait ainsi débourser 80 reais (plus de 20€) pour les places les moins chères. « Normalement il y a même des gens dehors pour regarder, détaille Juninho. Mais aujourd’hui, le billet est assez cher. Cela empêche les supporters de venir à tous les matches. » Beaucoup dénoncent un embourgeoisement du public du Maracana. S'il reste un stade mythique, il n'est plus tout à fait populaire. Le prix de la modernité.

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Mélanie Ferreira à Rio