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Le Mondial de la fatigue

Wayne Rooney

Wayne Rooney - -

On espérait un feu d’artifice, c’est pour l’instant un pétard mouillé. Avant le sprint final, bilan provisoire d’une compétition très décevante sur le terrain.

Pour l’instant, avec seulement 2,26 buts de moyenne, la Coupe du monde sud-africaine fait à peine mieux que le Mondial italien de 1990, l’édition la moins prolifique de l’histoire de la compétition. Depuis le début de l’épreuve, le niveau de jeu est loin d’atteindre les sommets. La faute bien sûr à la généralisation des options tactiques trop frileuses. La faute aussi au niveau individuel des joueurs. « Je n’ai jamais vu dans ma carrière un niveau technique aussi bas », affirme Mario Zagallo, la légende brésilienne. L’équipe de France, l’Italie ou l’Angleterre symbolisent ces limites techniques, tactiques voire mentales.

Pour se dédouaner, joueurs et sélectionneurs accusent le Jabulani, le ballon révolutionnaire adopté par la FIFA. « Le plus gros problème, c'est que la plupart du temps, ce ballon est incontrôlable, souligne Fabio Capello. C'est bien quand vous jouez en passes courtes, mais quand vous essayez de faire des longues passes, la trajectoire est très difficile à lire. C'est terrible pour les joueurs. » De fait, un nombre impressionnant de centres, de corners ou de coups francs sont partis se perdre dans les nuages ou au quatrième poteau.

Rooney, le symbole

Autre argument avancé, l’état de fatigue avancé des joueurs. Comme en 2002, la Coupe du monde 2010 pourrait être celle de la fatigue. En tout cas, pour les grandes sélections européennes. « Le problème, c’est le manque de fraîcheur des joueurs qui jouent dans les grands clubs, analyse Ali Benarbia, consultant pour RMC et Al-Jazeera. Les grands joueurs étaient déjà crevés avant leur arrivée en Afrique du Sud. A l’image des Anglais qui avaient du plomb dans les jambes. Ils n’ont pas réussi à faire deux accélérations d’affilée. » Le rendement d’un joueur comme Rooney, transparent après une saison interminable, est significatif.

Avec trois équipes seulement qualifiées pour les quarts de finale, l’Europe obtient sa plus faible représentation de l’histoire. Est-ce un hasard si des équipes joueuses comme la Corée du Sud ou le Japon se sont distinguées ? « Oui, mais les équipes asiatiques donnent l’impression de s’être préparées pendant six mois, pondère Benarbia. Les autres équipes récupèrent les joueurs un mois avant. Il ne faut pas l’oublier. »

Seul espoir pour les amoureux du beau jeu, les premiers matches par élimination directe ont apporté leur lot d’émotion. C’est maintenant aux grands joueurs, comme Messi, Robben ou Robinho, de nous faire vibrer et de rendre cette première Coupe du monde sur le sol africain inoubliable. Elle le mérite.

M.A à Johannesburg