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Le rêve brisé des Ghanéens

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En s’imposant face aux Black Stars aux tirs au but (1-1, 4-2 tab), vendredi soir au Soccer City stadium de Johannesburg, au terme d’un match complètement fou, les Uruguayens renouent avec leur glorieux passé. Mais ils plongent tout un continent dans la détresse.

Des litres de sueur et une tonne d’héroïsme ! Comment expliquer autrement la qualification de l’Uruguay pour les demi-finales de la Coupe du monde, une première depuis quarante ans ? En s’imposant face au Ghana aux tirs au but (1-1, 4-2 tab), au Soccer City stadium de Johannesburg, la Celeste a renoué avec son glorieux passé de double champion du monde. Mais les Uruguayens ont également brisé le rêve africain en mille morceaux.
Les 3,5 millions d’Uruguayens de la petite république d’Amérique du Sud n’en ont cure. Ils rêvent éveillés par la grâce d’une poignée de Charruas indomptables, à l’image du Monégasques Pérez, omniprésent dans la bataille de l’entrejeu. Dès mardi, ils retrouveront les Pays-Bas, au Green Point stadium du Cap (20h30). Les Uruguayens seront privés de Fucile et de Suarez suspendus, mais comme d’habitude, ils donneront tout et plus encore.
Durant la première demi-heure, les hommes de Rajevac, privés de Jonathan Mensah et Andre Ayew suspendus, sont tétanisés par l’enjeu. Incapables d’assurer le moindre enchaînement, ils laissent Forlan et ses partenaires se montrer les plus dangereux. Il faut un excellent Kingson pour repousser les frappes de Suarez (11e, 26e) et le corner dévié de la poitrine par… Mensah (18e). Leur première occasion, une tête de Vorsah de peu à côté (30e), suffit à les réveiller.
La puissance et la vitesse sont ghanéennes. Face à ces monstres physiques, les Uruguayens ressemblent à des petits enfants perdus au milieu d’un terrain trop grand pour eux. La blessure et la sortie de Lugano (38e), leur gaillard d’arrière, les enfoncent un peu plus. Sans Godin, son autre défenseur central titulaire, blessé, Tabarez doit rebâtir sa charnière.
C’en est trop pour une Celeste. On joue le temps additionnel lorsque Muntari arme une frappe lourde du gauche. Masqué, Muslera est battu (45e+2). Muntari le banni qui a failli être viré du groupe par Rajevac. C’est la première fois que les Uruguayens sont menés depuis le début du tournoi.

Gyan rate le penalty de la gagne

Il faut tout le talent de Forlan pour remettre le navire charrua à flot en seconde période. Un coup franc exceptionnel de la star de l’Atletico Madrid permet à l’Uruguay d’égaliser (55e). Les débats s’équilibrent et le match gagne en intensité. Les Ghanéens gâchent des ballons de contre brûlants. Et Kingson sauve encore les siens sur une belle frappe de Suarez (70e).
Dans ce combat d’une incroyable intensité, les joueurs des deux camps vont au bout de leurs forces, sans pouvoir faire la différence. La prolongation, la deuxième d’affilée pour les Ghanéens après les 8es de finale, est tout aussi haletante. Dans le temps additionnel, le suspense est insoutenable. Sur la dernière action du match, Suarez se sacrifie. Il est expulsé mais Gyan rate son penalty. Grâce aux exploits de Muslera et à la panenka d’El Loco Abreu, les Charruas remportent la séance de tirs au but (4-2), dans un silence de cathédrale. Comme le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002, le Ghana s’arrête en quart de finale. Rageant !