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Le triomphe de l’Amérique du Sud

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Avec quatre sélections en quart de finale, les nations sud-américaines comptent plus de représentants que l’Europe en quart de finale de Coupe du monde. C’est une première absolue. Décryptage d’un phénomène.

Des équipes préparées au combat
C’est Diego Maradona, le premier, qui a avancé cet argument de choc. « Notre phase de qualification est beaucoup plus compétitive qu'en Europe, note le sélectionneur argentin. Nous, nous ne jouons pas contre des équipes comme les Iles Féroé. L'Amérique du Sud a envoyé ici des équipes à la hauteur de l'événement et qui sont disposées à tout donner sur le terrain. » Avec un championnat à dix équipes, les équipes doivent évidemment s’arracher pour accrocher leur billet. Mentalement, les Sud-Américains sont armés pour aller loin.

La faillite des grands d’Europe
En se faisant sortir dès le premier tour, l’Italie et la France, les deux derniers finalistes de la Coupe du monde, ont laissé un trou béant dans le tableau final. Ajoutez à cela la 2e place des Anglais qui les ont obligé à jouer l’Allemagne dès les 8e de finale et vous aurez compris comment l’Uruguay et le Paraguay se sont faufilés jusqu’en quart de finale. Encore fallait-il saisir sa chance…

Un état d’esprit plus patriote
« Chaque fois que je revêts ce maillot, j’ai la chair de poule », souffle Carlos Tevez. A l’image de l’attaquant de Manchester City, les joueurs sud-américains nourrissent une vraie passion patriotique pour leur sélection. A mille lieux en tout cas du comportement méprisant et hautain des Bleus. Au-delà de ce fort sentiment national, il faut aussi souligner l’attitude des joueurs durant les matches. « Leur comportement est différent, affirme Jean-Michel Larqué, consultant sur TF1 et RMC. Ils font preuve d’une générosité que beaucoup d’équipes européennes n’ont pas. »

Le retour des styles nationaux
Loin de la mondialisation du football, les sélections sud-américaines ont su cultiver leur particularisme. L’Argentine s’appuie sur des individualités hors normes. La Paraguay mise depuis des années sur un bloc défensif hermétique. « C’est une équipe solide et elle compte de bons joueurs dans toutes ses lignes », affirme José Luis Chilavert, l’ancien gardien des Guaranis. Le sélectionneur uruguayen Oscar Tabarez a également privilégié un football compact basé sur la contre-attaque. Avec des pointes de la trempe de Forlan et Suarez, le calcul est payant. Même s’il n’est pas en quart de finale, le Chili de Marcelo Bielsa a montré de grandes qualités techniques et tactiques. Son seul tort est d’être tombé sur le Brésil en 8e de finale.

L’apport des expatriés
Depuis de nombreuses années, les clubs européens recrutent les meilleurs joueurs sud-américains. Quand ils parviennent à s’imposer, ces derniers prennent une dimension supplémentaire. L’Argentine et le Brésil sont les grands bénéficiaires de ce phénomène. Mais les autres sélections sud-américaines recueillent également les fruits de cet exil volontaire. Voir Suarez, Cardozo, etc.