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Les Bleues face à leur destin

Elodie Thomis

Elodie Thomis - -

L’équipe de France affronte ce mercredi (18h) les Etats-Unis en demi-finale de la Coupe du monde. Une rencontre historique que les joueuses de Bruno Bini abordent avec confiance et enthousiasme.

C’est le match de leur vie. Ce mercredi, les Bleues ont l’occasion de faire basculer le football féminin dans une autre dimension en atteignant pour la première fois la finale d’une Coupe du monde. Alors que l’Hexagone s’est pris d’affection – voire de passion – pour ses filles en crampons, l’occasion est trop belle. D’autant que les partenaires de Louisa Necib vont croiser les redoutables Américaines sur la route de leur destin. Une affiche de rêve. Un terrain propice à l’exploit. A condition de résister à la puissance des « Stars and Stripes », double championnes du monde (1991 et 1999) et favorites du tournoi. « C’est vraiment un gros collectif, confirme Camille Abily, qui a joué durant deux saisons dans le championnat américain. Elles sont très solides, avec un énorme impact physique. En plus, elles ne sont jamais fatiguées. Ça va être dur. Mais techniquement et tactiquement, on n’a rien à leur envier. Sur un match, tout est possible. J’ai confiance en nous. » La confiance. Un sentiment qui semble habiter l’ensemble de la délégation française en Allemagne. Dans leur hôtel de Düsseldorf (qu’elles partagent avec les Américaines), les Bleues sont apparues souriantes et détendues ces derniers jours. Loin de la pression d’un rendez-vous historique. « On n’a pas peur, assure Caroline Pizzala. Au fil des matches, on a appris à croire en nous. »

Abily : « On ne va rien lâcher »

Avec un groupe au complet, les Françaises, qui enregistrent le retour de Bérangère Sapowicz dans les buts, ont de quoi être enthousiastes. Leur parcours outre-Rhin est déjà une réussite. Mais elles ne comptent pas s’en satisfaire. Loin de là. « On est des compétitrices, lâche Abily. On veut gagner. On est tout près. Petite, on pense à soulever la Coupe du monde. Là, on peut le faire. On ne va rien lâcher quoi qu’il arrive. » Au tour précédent, face à l’Angleterre (1-1, 4 tab à 3), les joueuses de Bruno Bini ont prouvé qu’elles avaient d’énormes ressources mentales. Elles en auront besoin pour faire mentir les statistiques. En quinze confrontations, la France n’a battu les Etats-Unis qu’à deux reprises, contre douze défaites et un nul. Mais ce match du 13 juillet, le premier en Coupe du monde entre les deux nations, est de loin le plus important. Sur la pelouse du Borussia-Park de Mönchengladbach (55 000 places), la tension promet d’être maximale. « Le début de match risque d’être tendu, estime l’ancien attaquante Marinette Pichon, première Française à avoir tenté sa chance aux USA en 2002. Ça va se jauger. Mais les Françaises ont prouvé qu’elles pouvaient bousculer n’importe quelle équipe. Elles sont capables de déplacer des montagnes. » Pour mieux en gravir les sommets ?

Alexandre Jaquin avec Samuel Ollivier, à Düsseldorf