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Les Bleues version bricolage

Loin des projecteurs du Mondial, les Bleues bricolent au quotidien

Loin des projecteurs du Mondial, les Bleues bricolent au quotidien - -

Loin des records d’audience télé (3 millions de téléspectateurs) réalisés par les Bleues, mercredi contre les Etats-Unis (défaite 3-1 en demi-finale de la Coupe du monde), le football féminin français se démène au quotidien avec les bouts de ficelle de l’amateurisme.

L’amateurisme peut avoir du bon. Quand les Françaises ont obtenu leur billet pour les demi-finales du Mondial allemand (grâce à une victoire aux tirs au but sur les Anglaises), le sélectionneur Bruno Bini a offert à ses filles un hamburger-frites, une promesse faite en cas de qualification... A l’image de ces quelques grammes d’écart diététique, le bricolage figure dans le quotidien des Bleues. La veille de leur match contre les Américaines, les partenaires de Sandrine Soubeyrand ont vu débarquer sur leur terrain d’entraînement une quarantaine de supporteurs en quête d’autographes. Une scène insolite rendue possible par l’ouverture au public et aux médias de toutes les séances des joueuses de l’équipe de France. Là encore, on est à des années-lumière de la « bunkerisation » de leurs homologues masculins. Mais ce n’est pas la capitaine des Bleues qui va se plaindre de ce gentil folklore.

Plus capée des Tricolores (165 sélections), Soubeyrand doit quotidiennement jongler avec trois stades quand elle porte le maillot de Juvisy (Essonne, Ile-de-France). Le sextuple champion de France programme ses entraînements en fonction de la disponibilité des joueuses et de… la météo. Habituellement, les filles se retrouvent à 19h30, une fois qu’elles ont quitté leur travail. A l’inverse, leurs rivales de l’Olympique lyonnais, citadelle du professionnalisme dans le Championnat français de D1, s’entraînent tous les matins ou tous les après-midis, voire deux fois par jour.

100 euros à Juvisy, au moins 4 000 à Lyon

La séance terminée, les filles de l’OL passent entre les mains du kiné, un privilège que ne connaissent pas leurs adversaires en championnat. Quand elles se déplacent, c’est sur 48 heures. A Juvisy, c’est 24 heures. En fin de mois, le compte en banque des Lyonnaises se garnit de salaires allant de 4 000 à 10 000 euros. Pour l’immense majorité des joueuses, on parle en primes de victoire qui n’excèdent pas 100 euros… Des sommes dérisoires qui pourraient bientôt appartenir au passé. La FFF a en effet lancé un appel d’offres concernant les droits télé de la D1 féminine pour les saisons 2011 à 2014.

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