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Les Pays-Bas et « l’anti-football »

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La formule fait mal. Elle est signée Johan Cruyff, la légende vivante d’un football néerlandais méconnaissable dimanche soir en finale face à l’Espagne. Mauvais gestes, antijeu, violence… Comment ont-ils pu tomber si bas ?

« Sale, laid, vulgaire, dur et hermétique » : Johan Cruyff n’y est pas allé de main morte pour qualifier le jeu néerlandais lors de la finale du Mondial face à l’Espagne (0-1). Berceau du football total, virtuose et offensif, les Pays-Bas sont non seulement passés à côté de leur match, mais ils ont couronné leur prestation de plusieurs gestes violents et antisportifs. Si Mark Van Bommel est hélas un habitué du genre, les Oranje n’ont pas vraiment la réputation d’une équipe agressive. D’autant qu’ils n’avaient aucune consigne particulière d’après leur sélectionneur, Bert Van Marwijk : « Ce n’est pas notre style de commettre toutes ces fautes, s’étonnait le sélectionneur batave après la rencontre. Mais c'était une finale. Les Espagnols aussi ont commis de grosses fautes. »

On n’en saura guère plus. Les Néerlandais ont été constamment gênés par la vista des Espagnols. Les hostilités ont démarré dès la 22e minute –sans surprise– par Van Bommel. Le capitaine du Bayern Munich y est allé de son tacle par derrière, bien vicieux, sur Andres Iniesta. Six minutes plus tard, Nigel De Jong jouait au karatéka sur le thorax de Xabi Alonso. Dans les deux cas, l’arbitre anglais Howard Webb leur a infligé seulement un carton jaune. Y avait-il intention de mettre hors d’état de nuire les redoutables milieux de terrains espagnols ? 

Certes, « le pire arbitre du Mondial », dixit Cruyff, n’a pas forcément fait les bons choix. Les Néerlandais ont tout de même récolté neuf avertissements (contre cinq pour l’Espagne). Le défenseur John Heitinga a même été expulsé durant la prolongation. Au total, les 14 cartons jaunes (+ un rouge) reçus par les deux équipes constituent un triste record pour une finale. « C’était un match très intense, et même équilibré, notait Vicente Del Bosque, le sélectionneur des nouveaux champions du monde. C’était très heurté parfois et cela fait partie du football. Mais aujourd’hui, le beau jeu est récompensé. » Cela ne consolera pas des supporters néerlandais contrits par la prestation de leurs joueurs, à des années-lumière des Neeskens, Rensenbrink, Bergkamp ou Van Basten des temps passés…

Paul Basse