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Lloris, ange et gardien

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Aussi discret dans la vie qu’explosif devant sa ligne, Hugo Lloris s’est imposé, à 23 ans, comme le rempart incontournable des Bleus. Décryptage du phénomène avec son ancien mentor niçois Bruno Valencony.

Phénoménale. L’adjectif vient naturellement à la bouche de tous ceux qui évoquent la trajectoire d’Hugo Lloris. Bruno Valencony ne fait pas exception. Devenu entraîneur des gardiens niçois après sa retraite en 2005, c’est lui qui a couvé l’éclosion de son successeur. « A ses débuts avec les pros, il n’était pas impressionnant physiquement, limite fluet. Mais il avait des qualités de détente et d’anticipation hors normes. C’était un chat, il bondissait de partout. Il faisait déjà ses sorties kamikazes dans les pieds des attaquants, se remémore-t-il. De là à l’imaginer garder le but de l’équipe de France quatre ans plus tard en Afrique du Sud... »

Malgré ses qualités naturelles, le jeune Hugo traîne quelques limites techniques. « Il était conscient du retard qu’il avait à combler mais il était très assidu à l’entraînement. La compétition s’est chargée du reste… »

Lloris n’a pas 18 ans quand l’OGN décide de le lancer dans le grand bain. Aligné en Coupe de la Ligue, il vit sa première grande épreuve du feu à Monaco, en février 2006. Valencony : « C’était une demi-finale de Coupe de la Ligue Je ne vous explique pas le monde et l’ambiance qu’il y avait à Louis-II. Lui n’avait pas dix matchs pro dans les pattes. Il m’a fait un début d’échauffement catastrophique. Il était si fébrile qu’il n’attrapait pas un ballon. Je me posais des questions. On a arrêté l’échauffement, on a rigolé un peu. Au final, il nous a envoyés tout seul au Stade de France. Là, je me suis rendu compte de son exceptionnelle force de caractère. »

Titulaire d’un Bac S

Celle qui lui a permis de disputer une rencontre de championnat, deux jours à peine après le décès de sa mère. Ou de reconquérir le but des Bleus après son expulsion à Belgrade, lors d’un décisif Serbie-France (1-1) des éliminatoires de la Coupe du monde. Car entre-temps, le jeune Aiglon s’est envolé vers Lyon pour se tailler un destin en bleu (9 sélections). Toute la France du football s’est amourachée de ce garçon timide, à la voix posée.

Titulaire d’un Bac S décroché haut la main et féru de débats politiques, Lloris renvoie une image de gendre idéal qui tranche avec celle du football bling-bling. « Ah ça, il n’est pas très extravagant !, confirme Valencony. Mais il est beaucoup moins fermé dans la vie que devant les caméras. Et il a ce grain de folie qu’ont en eux tous les grands gardiens. » Rien ne manque à la panoplie du parfait ange-gardien.

Chaque jour, Rmcsport vous présentera un Bleu vu par un proche. L’occasion de passer de l’autre côté du miroir et de découvrir la face caché de vos joueurs préférés. Mercredi : Sidney Govou.

Le titre de l'encadré ici

CV|||

Hugo Lloris

Né le 26 décembre 1986 (23 ans) à Nice

Gardien de but

1, 88 m – 78 kg

Clubs successifs : Nice, Lyon

A Lyon depuis juin 2008

Palmarès : Néant

Sylvain Coullon